
Je vous engage à aller écouter l'invité du jour des Matins de France Culture. Je pense que comme moi vous aurez envi de lire l'ouvrage de Dominique Moïsi ci-contre. (Dominique Moïsi est conseiller spécial à l'IFRI, Institut Français des relations internationales)
Cette note tombe à merveille à la suite de la précédente sur l'élection d'Obama et les réactions passionnelles soulevées.
Le Mouvement Démocrate devra demain offrir une alternative nourrie d'espoir et renouveler les approches de la politique étrangère de la France. Ce livre pourrait nous offrir des pistes. J'invite humblement le futur Président de la République, François Bayrou, à se plonger dedans.
L'ordre international est en plein chamboulement ; tant du point de vue politique qu'économique.
La diplomatie est rarement régie par l'émotion; ce mot là n'entre pas dans le vocabulaire des accords internationaux ;Et pourtant, on devrait mieux l'entendre.
Les peuples eux sont soumis aux "pressions passionnelles"; ils n'ont que très rarement la Raison comme guide et encore moins la rigueur des traités comme ligne de conduite.
Et c'est ainsi que les diplomates des démocraties (et plus encore leurs dirigeants) s'imprègnent des grandes tendances et des grands élans de pensées qui traversent les populations. Alors oui l'émotion fait aussi partie de l'ordre mondial.
Regardez ce qui vient de se passer aux Etats Unis (voir note précédente) : un peuple entier (Et avec lui le monde, dirait-on !) vient de passer de la logique de la peur (les années Bush, du 11 septembre à l'axe du Mal en passant par le Patriot Act) à celle de l'espérance. Et cela aura une influence.
Quand Bernard Kouchner défendait "le devoir d'ingérence" face à la "réal politik" (qu'en est-il aujourd'hui ?)...
nous caressions aussi cet autre moteur de la diplomatie mondiale que sont les ressentis et les drames des peuples qu'il nous faut entendre et accompagner. Mettre l'éthique et l'humanisme au centre des grandes décisions d'abord et aussi comprendre ce qui bat dans le coeur des hommes.
Quand j'étais parti en mission d'évaluation au Kosovo pour envisager et organiser la reconstruction des établissements scolaires (espace de vie civile essentiel à la reprise et à la pacification de communautés à feu et à sang), je me souviens qu'il fallut se battre avec la distance et l'inertie habituelle des diplomates.
De retour en France c'est au Ministère des Affaires Etrangères d'Hubert Védrine qu'il fallut batailler contre un système de pensée trop rigide : Cette froide retenue, propre aux hauts fonctionnaires du MAE, issue d'un ordre mondial qui fit longtemps de la souveraineté des états et la sécurité (des Etats plutôt que des peuples !) la seule grille d'analyse de leurs décisions (plutôt que l'émotion, l'éthique ou l'humanitaire).
(Je ne sous-entends pas ici qu'il faille abandonner une notion pour une autre ; question de dosage sûrement... aux experts d'amender; je ne suis qu'un citoyen du monde interpellé)
Le Moyen Orient saurait-il n'être regardé que comme une terre où l'histoire et les traités ont seuls dessinés les blocages ? Qu'ont compris mieux que nous les chinois et les pays d'Asie en général ? N'ont-ils pas mieux adaptés leurs modes de pensée et les modes de production aux besoins du monde que les occidentaux qui tentent d'imposer leurs modèles et eux seuls ? Ce sont par exemple ces questions et quelques réponses que nous pourrons aller chercher dans ce livre.
On a toujours tord de se figer sur nos certitudes.
On a toujours tord de mal comprendre le monde et ses ressorts.




Commentaires