
Parlons urbanisme, urbanisation et aménagement du territoire. (Cette vue du ciel d'une banlieue est un tableau peint de Philippe Cognée)
J'étais ce soir à la réunion publique de présentation du projet de Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) dont Boulogne-Billancourt est partie prenante.
Le Syndicat Mixte des Coteaux et Val de Seine (les 11 villes du coin : Boulogne-Billancourt, Sèvres, Issy, Vanves, Meudon, Ville d'Avray, ...) est aujourd'hui présidé par Pierre Christophe Baguet, tout comme la réunion était présidé par Pierre Christophe Baguet, donc.
Ce SCOT a le mérite d'exister. Car il est bon (et rare !) que des communes se mettent ensemble pour coordonner leurs projets urbains. Cette réflexion est née en 91. Elle entre dans sa phase d'aboutissement.
J'ai retrouvé à la réunion d'hier soir tous les protagonistes et amis associatifs habituels. Heureusement qu'ils sont là pour veiller au grain. Pour les avoir rencontré à plusieurs reprises ou pour avoir siégé avec eux dans quelques commissions et réunions diverses, je peux dire que nos amis environnementalistes, architectes et urbanistes apportent une bonne expertise et font preuve d'un bon suivi.
J'ai la chance d'avoir quelques grilles d'analyse qui me permettent de lire entre les lignes de ce document, mais il faut repenser l'information aux citoyens.
Chacun joue un rôle majeur pour offrir différents angles de vue du même sujet.
1ère partie, exposé du contenu ; 2ème partie, échange avec la salle.
La présentation fut plutôt bonne. Réalisée par un prestataire, celle-ci avait des vertus pédagogiques. Il fallait connaître les dossiers pour déceler les limites ou les insuffisances.
(Il y a aussi beaucoup de bonnes choses)
Je ne vais pas me lancer dans l'analyse ni dans un compte-rendu. Le document fait 300 pages : même la soirée ne pouvait que brosser un tableau partiel des enjeux.
Car c'est finalement là que je veux en venir : les enjeux et la façon dont on propose à la population de s'en saisir.
Il s'agit d'une programmation valable jusqu'en 2020. On va dessiner là Boulogne-Billancourt et ses environs : aujourd'hui c'est déjà 350 000 habitants, 200 000 emplois (La défense c'est 150 000 emplois), une zone urbaine dense, des espaces plus pavillonnaires, de vastes étendues vertes et boisées, ... Les décisions concernent 11 villes entre les portes de Paris et le pôle de développement de Saclay, c'est énorme de conséquences !
Une pensée m'est venue : tous les jours, loin d'ici, au parlement européen se discutent et se votent des textes qui influent sur notre quotidien. Et pourtant l'Europe reste loin et ne sait pas nous intéresser à elle. J'ai un peu le sentiment qu'on en est au même point : Les décisions qui ressortiront du SCOT vont jouer sur notre vie quotidienne, c'est à coté, là, près d'ici, ... mais cela reste loin de nous, un peu techno ou paraissant hermétique.
En termes de concertation et de démocratie locale, on doit s'interroger sur la façon de sensibiliser et concerner la population. Je pense que c'est de la responsabilité du décideur publique de trouver les solutions pour amener nos concitoyens à s'y intéresser. C'est un vrai beau sujet, impliquant, qui doit trouver son public.
Planifier, harmoniser un territoire, c'est passionnant. On y parle d'habitat, de transports, d'économie, d'environnement, de structure urbaine, ..., de rocades, de métro, de tram, de développement durable, d'espaces boisées, de promenades paysagères ou non, de densification urbaine, d'urbanisation,... il y a de quoi écrire l'avenir et celui des générations futures. Tous les élus sont-ils mobilisés à ce faire-savoir ?
On gagne toujours à réveiller la démocratie ! ... Aboutir à un SCOT, complet, travaillé en conscience avec une population ayant saisi l'ampleur des choix, ce sera au final un SCOT... bien abouti.
D'autant qu'il y a encore des points encore trop peu abordés :
Les circulations douces (piétons/vélo) semblent mal traitées ; La culture et les loisirs pourraient être mieux réfléchis au même titre qu'on pense au commerce et à l'artisanat ; le rôle imparti aux berges de la Seine doit être éclairé (réhabilitées, rendues aux habitants plutôt qu'aux voitures ?); peu de nouveautés sur les flux induits tel le transport de marchandises qu'engendreront une urbanisation, même raisonnée. (Pas de projet d'espace logistique urbain, ELU) ; l'immobilier d'entreprise, fortement présent, implique un déséquilibre en Île de France (800 000 salariés viennent travailler dans les Hauts de Seine sans pour autant y résider !) et un non respect du SDRIF; rien n'est clair sur les répartitions de compétences à venir entre villes, interco, départements et Grand Paris.
Ces temps-ci les réunions et enquêtes publiques vont aller bon train. Fin 2009/Début 2010 arrivera l'étape de la validation définitive. C'est le moment de s'en préoccuper...




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