La semaine dernière le Parisien révélait l'info, jeudi prochain les maires feront de la comm' !
La conférence de presse sur la fusion Val-de-Seine/Arc-de-Seine sera une grosse production en même temps qu'un numéro de communication… Et pendant ce temps-là, citoyens et élus restent relégués au rang d'observateurs.
Plusieurs questions fondamentales sont posées par la fusion des communautés de commune Val/Arc de Seine. Mais ont-elles été tout simplement abordées ensemble ?
J'ai déjà évoqué quelques points (dans une note récente) qui justifient qu'on ne se lance pas à corps perdu dans une conférence de presse sans avoir, avec les citoyens et leurs représentants, décortiqué les tenants et aboutissants (Nous reviendrons sur le fond à l'occasion)
Cette question de forme est tout aussi essentielle. A quel jeu démocratique participons-nous quand la presse prime sur la concertation ?
Mon propos n'est pas de dire aujourd'hui combien je pense du bien (à condition d'en cerner les limites) d'une idée ancienne pour laquelle je milite aussi depuis longtemps (Voir les mesures 22 et 23 de notre programme municipal 08)
La question n'est pas non plus de sous-entendre qu'un Maire ne serait pas un démocrate sous prétexte qu'il ne jouerait pas d'abord la démocratie (le pouvoir du peuple) avant les effets d'annonce et l'information à la presse.
Mais à la lumière de quelques autres interventions de presse récentes (habitudes qu'on voit s'installer depuis 6 mois avec la nouvelle administration), la remarque du jour sera : Quelle curieuse façon de gouverner que convoquer les journalistes avant les citoyens et les élus !
Réunion publique du SCOT le 13 novembre : le sujet n'a pas été évoqué alors que le lendemain un papier annonçait la fusion à venir. Conseil municipal du 20 novembre : Sur la question orale d'un élu de l'opposition, on effleure le sujet… Et, rebelote, on n'annonce pas le rendez-vous presse de cette semaine.
Triste signe des temps où la modernité serait de "communiquer" plutôt que privilégier les enjeux de démocratie locale.
Communiquer n'est pas informer ; informer n'est pas échanger. Le responsable se croit communiquant et ouvert, alors qu'il finit au contraire par verrouiller des sujets plutôt que permettre des débats sereins.
Les média sont devenus, pour les élus, des outils de gouvernance. Mieux vaut un dossier de presse plutôt qu'une réunion publique ? Peuvent-ils en user et en user encore sans qu'on finisse par soupçonner la manipulation idéologique ?
Les élus abusent d'un sytème médiatique dans un but précis.
il s'agit de pratiques pensées et assumées comme telles pour, en quelques sorte, "tordre l'opinion" à leur avantage et sur les sujets seuls qu'on entend mettre en avant.
Je pense que le Maire moderne, le Maire tourné vers demain, est celui qui sait poser les problématiques en assemblées de quartier, en conseils, en réunions publiques,… en conseil municipal,…, à des citoyens responsables. C'est une autre paire de manche. Cela suppose écoute, acceptation, prise de risque, remise en question parfois ; tout autant que sens de la communication (car je crois aussi que l'on doit savoir s'exposer dans la presse ; qu'elle est un relais d'opinion souvent ; là n'est pas le problème)
Je crois que la politique au 21e siècle sera construite autour de la concertation, des échanges horizontaux avec les populations. La création collaborative avec tous ceux qui "bâtissent" la ville et le bien commun est une démarche des temps nouveaux, celle où l'adhésion est construite sur l'intelligence collective et la solidarité. (ce qui n'interdit nullement au leadership politique d'initier des dynamiques)
Le marketing de l'information mené par les décideurs politiques est has been en plus d'être une tromperie démocratique.
Vendredi, je participais à nouveau, en tant que Président de la Cité des Savoirs du 21e siècle, à la réunion de reprise du Comité de Concertation Saem-Val de Seine pour les terrain Renault. En présence de Monsieur le Député Maire, nous avons pu, de façon simple et cordiale, passer en revue l'état d'avancement des chantiers et quelques intentions municipales. Ce travail se poursuivra tranquillement, dans le respect mutuel et l'écoute attentive ; on peut le supposer.
Mais quand, le surlendemain (suite à un communiqué de presse qui avait dû être envoyé afin de valoriser la posture de dialogue) on a vu apparaître un article sur cette même réunion, il y avait de quoi se sentir instrumentalisé dans une opération de comm'. Cette pratique de l'information ne me dérange pas ; je peux même comprendre qu'une commune ait besoin de "faire savoir". Mais à nouveau il serait plus correct d'en avertir les acteurs, voire, avec leur accord, de citer les participants (car, bien sur, seul PC Baguet était nommé)
Dans cet exemple, la concertation intervient en amont, bien ; mais en aval la comm' vient "polluer" l'acte démocratique.




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