
La vie est belle, tout est normal, tout est en ordre.
Je trouve que tout va bien sur la planète, que la pauvreté est en recul, que le pouvoir d'achat n'est pas si attaqué que ça, que ceux qui se plaignent exagèrent, que la crise n'est que passagère, que le gouvernement fait son possible et que tout est possible (même) et que tout le monde il est beau et que tout le monde il est gentil.
Contrairement à certains (qui sont les méchants), je n'ai rien à redire non plus sur l'appel d'offre qui vient d'être lancé pour surveiller les acteurs de l'éducation nationale et leur expression sur le net.
Il y a en effet trop de débats sur Internet, trop de leaders d'opinion qui influent sur la façon de mener l'éducation du pays.
Même pour un coût de 120 000 €, il est normal Monsieur le Ministre de vouloir repérer les fauteurs de troubles ou chercher à être au courant des contestations qui sourdent. (Si on laisse trop les enseignants s'exprimer et donner leur avis sur leur métier ou leurs missions, où va t-on ?)
Que le ministère chéri des enfants merveilleux cherche un gentil fournisseur capable de fournir une prestation de contrôle de "veille d'opinion" ne me paraît pas du tout en dehors de ses prérogatives. (mais non, mais non)
Le cahier des charges de l'appel d'offre (voir ici) me semble parfaitement rédigé :
"- Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau
- Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation
- Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles)
- Suivre les informations signifiantes dans le temps
- Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires, audience, etc.)
- Rapprocher ces informations et les interpréter
- Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise
- Alerter et préconiser en conséquence ..."
Même ce paragraphe ne me choque pas du tout :
"les vidéos, pétitions en ligne, appels à démission, doivent être suivis avec une attention particulière et signalées en tempos réel."
Ni celui ci :
"La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.)"
Je le trouve très sympathique cet appel d'offre émanant (sauf démenti) du Ministère de l'intérieur de l'Education Nationale, et je ne vois pas pourquoi il faudrait déranger la CNIL qui est très occupée afin qu'elle statue sur la possibilité, en droit, de pratiquer ce genre de veille.
Vraiment, je pense Monsieur le Ministre que tout ce que vous faites est bien.
(je tiens à préciser que c'est librement que je m'exprime et que, bien que membre de cette administration, je ne me sens nullement sous contrôle, ni surveillé ; c'est pourquoi je me suis permis d'exprimer mon soutien à un tel appel d'offre, … donc, voilà, … libre, librement, ...très libre,…voire même : libre)




Ca buzze plus qu'on ne pouvait l'imaginer :
http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html
déjà 75OO visites sur le blog de l'enseignant cité dans ce lien qui a été convoqué par les inspecteurs académiques... Au ministère, ils sont très énervés... Cette lettre ouverte circule par mail, est affichée dans les établissements...
Rédigé par : Nelly | mercredi 12 novembre 2008 à 11h09