C'était mardi soir. Voici la version audio intégrale (long à télécharger mais après ça fonctionne, patience):Téléchargement ConfEco et Humanisme
La conférence "L'économie peut-elle être humaniste ?" a été un moment riche où Jean Peyrelevade et Albert Jacquard nous ont offert une réflexion dense et argumentée. On en attendait pas moins d'eux.
Au regard des messages sympathiques de félicitations, je crois qu'on peut dire que c'était réussi.
Je m'inquiétais la veille de remplir cette salle de conférence de 350 places afin de faire honneur à nos deux conférenciers de premier ordre. Bravant le froid de décembre et une semaine chargée à l'approche de Noël, vous êtes venus nombreux; ouf !
Ce fut un honneur pour moi d'animer une telle soirée devant un auditoire conquis dont les questions et les interventions étaient toutes de grandes qualités.
Avec Vincent Guibert et tous les amis de la Cité des Savoirs du 21è siècle, nous avons revécu sur un autre mode et autour d'un autre thème, cette autre conférence que nous organisions avec Axel Khan et Philippe Meirieu il y a quelques temps.
Albert Jacquard, tel que nous le connaissons, a apporté cette mise en perspective quant aux enjeux humains et planétaires qui doivent nous guider. En donnant un horizon à nos combats pour le 21è siècle et pour les générations futures, il replace quelques fondamentaux et balaye les contraintes en nous libérant des contingences. Avec lui, on regarde le monde, on se dit que tout est possible et que seule notre détermination à allumer les Lumières doit l'emporter.
Avec Jean Peyrelevade, l'approche est guidée par un pragmatisme lucide. On ne joue pas la sérénade à l'économiste. L'humanisme n'est jamais loin, mais le projet emprunte un chemin construit sur une réalité moins lyrique. Déterminé à réformer le monde il nous a apporté des réponses immédiates que l'assistance écoutait avec intérêt.
L'aller-retour entre ces deux polytechniciens aux angles d'attaques bien distincts fut un exercice intellectuel et politique qui pouvait parfois ressembler à un numéro d'équilibriste. Il y a évidemment quelque chose de l'ordre de la prise de risque quand on tente de rapprocher des pensées et des modes de fonctionnement apparemment distants.
Mais, en les écoutant, nous avions finalement la nette impression que se déroulait devant nous la complétude de ce que nous sommes tous : cerveau gauche et cerveau droit, utopiste résolu et pragmatique convaincu, un peu l'un et beaucoup l'autre, et vice-versa. Nous n'étions qu'un quand ils étaient deux.
Pour ma part, j'ai la conviction que c'est un peu ça faire de la politique : avoir, ancrées au fond de soi, la volonté de changer le monde et l'ambition de cette espérance ; être déterminé dans cette voie avec la certitude que c'est pas à pas, un pied après l'autre, qu'on y arrive.
On avance en marchant, n'est-ce pas monsieur Théodore Monod ?




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