George W. Bush s'en va ; il ne nous laissera pas de bons souvenirs. Ni les Etats-Unis ni le monde ne le regretteront. Quant à sa fin, elle apparaît bien pathétique.
La première image qui me vient quand je pense à lui reste sa mine déconfite quand un de ses conseillers vint lui révéler à l'oreille le 2ème avion venu s'écraser sur les tours du World Trade Center : Assis, assommé par la nouvelle, hésitant entre garder bonne figure ou interrompre illico une simple visite d'école, on sentait tout le poids du monde s'abattre sur lui en même temps qu'on se demandait s'il avait conscience de l'évènement capital.
Le regard trahissait une détresse fuyante ; se pinçant les lèvres, ne sachant pas où et comment se cacher, où et comment penser, où et comment décider, nous assistions à la déroute totale du responsable pris entre le dérisoire d'une visite officielle et l'Essentiel d'un tournant majeur de la société américaine et de la politique internationale.
Un grand moment de solitude devant les caméras, éberlué, cloué à vif, pensif, incapable devant la dimension de l'instant où, en quelques minutes, le monde et les Etats-Unis changeaient de références et de repères quand on ne le savait pas encore.
Le drame du World Trade Center marquera l'ère Bush. Mais tout autant le discours sur l'état de l'Union qu'il nous livra ensuite. Voilà le deuxième souvenir marquant, historique bien sur. C'est là qu'émergea cette redoutable formule : "l'axe du Mal".
C'est à ce virage de l'histoire qu'on a vu se mêler, sans retenue, la rhétorique politique et religieuse diabolisant l'ennemi et justifiant l'intervention du "Sauveur". Ce ton prophétique, terriblement efficace, initia une effroyable croisade des "forces du Bien" contre les "forces du Mal" ; censé défendre la démocratie, elle divisera le monde.
Enfin, l'affaire des subprimes, la faillite de Lehman Brothers et une crise dite systémique du capitalisme signe cette fin de règne.
Triste bilan pour un Président qui lègue à son successeur un pays toujours en guerre, à l'image dégradée et subissant une crise économique et financière aux conséquences dramatiques pour nombre d'américains.
George W. Bush retourne dans son Texas avec un sourire quelque peu piteux, en tout cas moins carnassier que quand il devint le 43e président des Etats-Unis.




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