Déjà 3 réunions de quartier se sont déroulées à Boulogne-Billancourt.
Nous sommes là au coeur d'une série qui se poursuivra la semaine prochaine sur les autres quartiers.
Une nouvelle formule a été inaugurée. A ce stade où le nord, le centre et le sud ont déjà pu se faire une idée, cela mérite une première analyse sur la forme.
En effet, nous étions habitués, avec les élus de la municipalité précédente, à des réunions publiques plus classiques : en "face à face" avec le public, une première partie présentant réalisations et projets d'un quartier, une deuxième partie d'échange avec la salle. Jeu de questions-réponses transparentes et publiques laissant libre cours tant aux petits soucis (Mais non moins important : la propreté, les déjections canines,…) qu'aux problèmes plus polémiques éventuellement.
A nouvelle équipe municipale, nouvelles méthodes.
Pierre-Christophe Baguet a mis en place un autre type d'échanges. Pas d'estrade, pas de chaise, pas de réunion : une exposition de panneaux répartis tout autour de la salle présente les réalisations et projets en cours, formant des petits stands où conseillers municipaux et cadres de la Mairie répondent en "one to one" aux questions des citoyens. Au centre, debout, par petits groupes parfois, les gens bavardent en attendant l'intervention du Maire-adjoint territorial, des conseillers de quartier et du Député-Maire qui conclue avant de nous inviter au buffet où boissons et petits fours (galette en janvier !) nous attendent. Puis les uns et les autres vont repartir, continuer de "papoter" ou parfois tenter de glisser un petit mot au 1er magistrat dont on ne connaitra pas la teneur mais dont on suppose que l'écoute et l'attention a été totale et agréable.
Il est bon de changer les habitudes et d'innover. Oui mais...
La démocratie locale a à voir en effet avec la notion de démocratie de proximité. C'est sur ce créneau qu'est positionnée l'organisation actuelle. Que l'élu soit ainsi plus proche des habitants est en effet une idée positive. Cette façon d'organiser des échanges moins formels peut apparaître comme une démocratie réussie où le relationnel est facilité.
Je crois pourtant que la démocratie locale est aussi cet échange vivifiant où le citoyen peut dire, intervenir, apporter une vision différente, contester une décision ou la voir expliquée, éclaircie voire remise en question quand l'élu reconnaît des problèmes qu'il peut solutionner, …, où le citoyen peut aussi apporter une contribution créative et collective, créer éventuellement une synergie avec d'autres habitants impliqués de la même façon. En d'autres termes il faut aussi penser à la prise de parole entendue par tous et dont les réponses intéressent un auditoire qui s'est déplacé pour mieux participer à la vie de sa ville.
Pourquoi pas 2 parties ? La première, exposition et dialogues individuels, puis reconfiguration de la pièce en version plus classique pour un deuxième moment avec échange assis et questions-réponses sonorisées.
C'est l'amélioration qui pourrait être proposée. Même si je comprends que tout Maire aux commandes peut rêver la nuit d'une paix sociale idyllique où l'unanimité joyeuse accueillerait ses initiatives et réalisations, il faut admettre que le jeu démocratique est autre.
La comédie du bonheur est une tentation dont tout élu doit savoir se protéger pour rester dans une proximité réelle et non d'apparat. Si la convivialité porte à la joie de vivre, le vivre-ensemble implique aussi de ne pas gommer une expression et une confrontation plus publique.
J'ai tendance à penser que des échanges lissés génèrent une communauté sans relief et apathique quand l'époque a tant besoin de plus d'enthousiasme et d'énergie dans l'action.
L'échange à deux, s'il est plus intime, modifie le fonctionnement démocratique et ne place pas la ville et ses enjeux dans un processus collectif. Nous sommes une "collectivité" locale. Les mots ont du sens. Faisons la vivre pour mettre à l'honneur aussi le "geste politique" (qui peut ainsi retrouver ses lettres de noblesse)
Il n'y a jamais à craindre une démocratie active et vivante. Le citoyen est apte à comprendre qu'un Maire n'est pas dans la toute puissance. Il est toujours exigeant mais reste compréhensif avec les limites propres au rôle et aux moyens à disposition (quand ils lui sont expliqués). Tout comme, en revanche, il repère et s'exaspère assez vite quand les Maires sont dans le tout-communication.




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