On ne se connait pas, Quitterie, sinon par mails interposés.
"Quitterie" ? Une image, des textes et peut-être, vu d'ici, une posture ; une bulle médiatique comme il y eut la bulle internet ?
Voilà ce que j'en ressortais. Je n'étais pas dupe du jeu des caméras ; moi aussi habitué de celui-ci et d'un système média qui raffole des "bons clients", comme on dit.
Et peut-être me trompais-je. La rencontre m'aurait permis d'y voir plus clair; elle n'a pas eu lieu. C'est ainsi
A ce jour je m'arrête à un texte sur ton blog qui pose merveilleusement bien le problème en expliquant ton départ du MoDem. Sûrement, je me trompais.
Tu quittes le bocal ; la "tentation de Venise" ?
Quitterie n'est pas l'enjeu, ce que tu dis oui. Et tu le dis fort joliment.
Ta noteme parle comme elle parle à nombre d'entre nous. Bravo !
J'avais décidé en ouvrant ce blog de n''écrire que peu d'articles sur la vie interne. Mais il n'est pas un jour depuis quelques mois où je ne m'interroge comme toi sur la comédie humaine affligeante que je vois se dérouler sous mes yeux. De pitoyables gesticulations et reniements ne m'encouragent pas à croire que les méthodes évoluent.
Il m'arrive donc souvent de penser que notre MoDem va mal quand ici ou là il n'arrive pas à se déverrouiller. Et si, ici et là, certains préfèrent le verrouiller à leur avantage, c'est alors que le MoDem est mal en point.
Moi aussi je suis exaspéré et écœuré des systèmes fermés et réservés. Si tu savais Quitterie à quel point.
Le MoDem que je connais c'est celui d'ici, du 92. Après un bon départ, je l'ai vu mal tourner à mesure que les échéances internes se déroulaient. Vices, perversions, mesquineries autant qu'élans sincères et porteurs, nous avons eu à connaître tout l'éventail de la richesse humaine ! Petits calculs, grandes débines, évictions de talents, replis sur soi, réflexes majoritaires, désir de contrôle… un parti politique comme les autres quand on voudrait tant le voir s'ouvrir à des pratiques nouvelles.
Quand il sombre dans les manœuvres d'appareil, quand je vois les basses entreprises prendre le dessus, les fayots de tous poils se positionner, les apparatchiks prêts à toutes sortes de manipulations vicieuses pour se faire valoir, et les mêmes croire à leur propres mensonges sans craindre leur miroir, je finis aussi par m'interroger sur l'autrement qui motiva notre adhésion.
La "sortie" de Quitterie tombe à pic pour questionner le système MoDem tant qu'il est encore temps.
Je crois plus que jamais à cette troisième voie. Le problème vient du fait que le MoDem ne croit pas encore à "ses troisième voix": Ces femmes et ces hommes venus gonfler les rangs d'une UDF pas encore totalement réformée, inquiètent et continuent de bousculer. Ils et elles ont été accueillis bien volontiers tout en les craignant à la fois.
Le MoDem a un problème de digestion. Un problème de confiance autant qu'un souci organisationnel devant ces enthousiasmes actifs et impatients.
Mais nous savons tous que le monde est à un virage, qu'il y a urgence et que nous sommes pressés d'agir et influer. Le MoDem sent bien qu'il est le rendez-vous d'une nouvelle transversalité politique et citoyenne, mais il ne l'a pas encore compris, absorbé, intégré. Notre mouvement semble ne pas réussir sa mutation parce qu'il ne sait pas bien faire avec, en tout cas.
La difficulté à se libérer des conservatismes l'emporte. (Il faut dire que la mutation fut traumatisante puisque au même moment le mouvement subissait nombre de trahisons l'obligeant à se méfier; ceci explique cela mais la peur est mauvaise conseillère)
Pour autant pour aider le MoDem de l'intérieur, j'ai aujourd'hui la conviction qu'il faut le brusquer un peu. Dire les choses. Qu'il est temps de faire de la politique et de grandir; donc de prendre la parole; de l'intérieur, Quitterie. Mais ta déclaration y participe.
Je crois surtout qu'on doit aider le MoDem à regarder dehors avec des yeux différents.
Ce que je propose est encore et toujours cette fameuse transversalité que je me tue à défendre. Ce sont les organisations de dehors qui aideront à bouger le noyau. C'est un aller-retour entre société civile et Mouvement Démocrate qu'il faut entretenir. Les uns se nourrissant des autres.
C'est l'exercice le plus difficile pour une famille : s'ouvrir. D'autant plus difficile dans un groupe assiégé qui a eu besoin de se resserrer et se recentrer sur lui-même pour mieux renaître.
Le MoDem est l'endroit où ces fédérations de moyens sont possibles. Que ce mouvement soit en mouvement, capable d'être moderne, novateur et producteur de rêve, d'espoir et d'ambition tant dans le département qu'au niveau du pays est évidemment l'objectif...




Sylavain,
Tu connais la formule: "la fortune sourit aux audacieux", je devrais dire aussi aux optimistes, témoin le calendrier de ton blog qui est déjà le 9 février à 14h alors que nous sommes le 8 à 20 heures.
Ne perds pas espoir et surtout ne perds pas ton âme dans des combats qui ne le méritent pas.
Donne du temps au temps, on juge d'abord les gens sur ce qu'ils disent, ensuite vient le temps où l'on prend conscience de ce qu'ils ont dit au lieu de faire, puis vient enfin le temps où l'on s'aperçoit de ce que tu as fait au lieu de dire.
A+ Bernard
Rédigé par : bmalaguti | dimanche 08 février 2009 à 20h04
"Mais il n'est pas un jour depuis quelques mois où je ne m'interroge comme toi sur la comédie humaine affligeante que je vois se dérouler sous mes yeux. De pitoyables gesticulations et reniements ne m'encouragent pas à croire que les méthodes évoluent."
Et bien sûr tu n'y as jamais participé d'aucune manière. Rappelle moi qui disait "l'enfer, c'est les autres" ?
Rédigé par : Christophe Ginisty | dimanche 08 février 2009 à 21h25
Bien sur Christophe tu peux penser que je m'extrais un peu facilement de ce jeu en disant cela.
Je suis sur le devant de la scène en effet; acteur d'un combat que je considère comme essentiel, sûrement comme toi et d'autres militants sincères.
S'il faut se battre pour être là où ça se décide, j'y vais; parce que c'est une condition pour accomplir un projet.
Mais peut-être ai-je voulu faire une petite distinction de taille qui concerne les batailles internes: j'ai parfois l'impression qu'il faudrait être prudent dans ces jeux de politique interne. Je ne le suis pas toujours ; j'y vais entier, tout entier. C'est en cela que je pense ne pas toujours jouer le même jeu dans la même cour.
Je constate, oui, qu'il y a des courtisans et un numéro de cirque dans lequel je n'entre pas avec le même talent de compromissions que d'autres ; pas prêt à tout.
Certains excèlent dans cette comédie pour se placer et exister (...) Finalement, il n'y a qu'à observer.
Je garde ma liberté de penser et ne roucoule pas toujours sur la bonne branche de l'arbre.
Bon, c'est ainsi.
J'imagine qu'il y en a aussi qui font la danse des 7 voiles sans perdre leur âme... la quadrature du cercle.
Tout ça pour dire que je n'aime pas la part interne de la politique.
Rédigé par : Sylvain Canet | lundi 09 février 2009 à 00h17
Parfaitement d'accord avec ton analyse. Il faut ouvrir. On apprend qu'en ouvrant les fenêtres, on tue les acariens et on laisse circuler un air frais.C'est bon pour la santé !
Je ne pense pas, en l'espèce que l'article sur mon blog auquel tu as réagi mette à mal ce que nous pensons toi et moi.
Et je sais que tu as mouillé ta chemise plus qu'à ton tour pour faire passer des idées que tu croyais justes.
Le but de cet article était une réflexion
sur la forme plutôt que sur le fond où comment faire de la politique un moyen d'actions.
En appelant qu'on continua à se mobiliser pour faire bouger les choses en équipe plutôt qu'en solo.
Car il me semble qu'en développant l'égo de personnalités au détriment de leur discours on ne fait rien qui dure dans la durée.
Mais c'est une autre histoire qui n'invalide pas ton point de vue (ni le mien d'ailleurs)
Amicalement.
JPB
Rédigé par : jean-pierre bozzonne | lundi 09 février 2009 à 19h07
Oui oui ta note me semblait interessante dans ce qu'elle plaçait le collectif versus les individualités. Tout a fait d'accord.
Et comme toi je pense que c'est le discours qui fait foi et que c'est lui qui est le vecteur du politique.
J'ai aussi souvent remarqué qu'on est victime aussi de la façon dont les gens reçoivent les messages de celui qui emet: La personnalisation de la vie politique aboutit à une personnalisation du message même si celui qui le prononce est sur le fond plutôt que sur l'égo. Il suffit de prendre la parole pour déjà provoquer le soupçon.
En résumé : prends la parole, et alors d'emblée la même problématique est posée : est-ce lui qu'on écoute ou est-ce ce qu'il dit qu'on écoute ? On voudrait que les gens restent sur ce qu'on dit, mais c'est parfois plus fort ils s'arrêtent sur vous et votre façon. (C'est en cela que j'aime aussi l'écrit. On évite alors l'apparence (quoique !)
C'est l'époque qui veut ça mon bon monsieur !
Amitiés
Rédigé par : Sylvain Canet | lundi 09 février 2009 à 23h02