Jeudi, conseil municipal, vote du budget à Boulogne -Billancourt.
On nous avait annoncé 20%, ce sera 9 % ! C'est moins pire mais c'est encore trop : le temps n'est pas à augmenter les impôts ! Surtout pas cette année ; surtout pas à Boulogne-Billancourt !
A Boulogne-Billancourt où le logement pèse pour 1/4 voire 1/3 du budget des familles, où tout est plus cher, 9 % de plus sur les impôts, c'est mauvais à 100 %, surtout en cette période ! Quant aux conséquences en chaîne sur l'activité : commerce, loisirs, restauration, immobilier,... tout le monde va payer : La pression fiscale ne fera qu'alimenter la crise.
Quel paradoxe que faire supporter aux ménages une charge supplémentaire quand la crise fait rage !
Non le pouvoir d'achat des ménages ne peut à nouveau être amputé ! Non la ville n'a pas besoin en 2009 d'accroître les recettes fiscales adossées aux ménages ! Non les familles ne doivent pas être plus taxées cette année, en temps de crise !
Quand le dynamisme, la relance économique, la solidarité sociale et collective doivent être des enjeux prioritaires, le recours à l'impôt n'est pas la bonne réponse.
Non seulement je dénonce les effets pervers, injustes et injustifiés de la pression financière sur les ménages mais, en plus, il n'y a pas urgence à utiliser le levier fiscal aujourd'hui et dans le contexte boulonnais qu'on connait : ...
...La masse salariale de la ville ou les dépenses courantes de la ville impliquent-elles un budget de fonctionnement en péril ? La ligne de trésorerie est-elle en difficulté immédiate ? Les capacités de remboursement des dettes à court terme sont-elles insurmontables ? Le budget d'investissement d'une ville aussi importante que Boulogne-Billancourt justifie t-il une alerte au feu ? La réponse est non à toutes ces questions.
Il n'y a pas urgence. La solvabilité de la ville n'est pas en péril et nous pouvons au contraire profiter du plan de relance.
Si l'endettement de 216 millions d'€ est important et doit être contenu, n'oublions pas que notre ville est en pleine croissance. Cette dette est à mettre en corrélation avec l'opération des terrains Renault et son potentiel fiscal. Gouverner c'est prévoir : le nouveau quartier verra s'installer familles et entreprises nouvelles. Une ville qui passe de 111 400 habitants à 127 000 (estimation basse de + 15 000) cela implique des recettes supplémentaires à l'avenir. La manne nouvelle en taxe d'habitation et taxe professionnelle doit être prise en compte dans nos évaluations. Et pour attirer les acquéreurs il faut justement garder notre compétitivité fiscale.
A court terme, par ailleurs, la trésorerie peut être soulagée grâce au FCTVA (Fond de compensation de la TVA) : si le budget d'investissement 09 est supérieur à la moyenne annuelle des 4 dernières années, alors nous profiterons d'un cadeau de l'Etatpuisque le FCTVA dû au titre de l'année 08 sera versé dés 09 (plutôt que 2010) . Ceci correspond cette année à un doublement des fonds prévus et vient s'inscrire dans les recettes de la commune.
Si je conteste le recours à l'impôt, je pense en revanche que la réduction drastique de certaines dépenses sont nécessaires (1 million d'€ ont pu être économisés sur les budgets vœux et éclairages de Noël, par exemple, c'est une bonne chose) et qu'il faut en effet une rigueur budgétaire. On sera en cela attentif aux mesures d'économie annoncées. Mais prenons garde à ne pas limiter les marges de manœuvre de l'action sociale particulièrement sous pression. Une réduction des moyens du Centre Communal d'Action Social serait envisagé par rapport aux prévisions ? Si c'est le cas, ce n'est pas le moment non plus.
C'est tout de même un comble de voir ceux qui soutiennent la politique du Président Sarkozy ("Je n'augmenterai pas les impôts") défendre maintenant l'augmentation des impôts locaux.
La dernière sortie de Frédéric Lefèvre, porte parole de l'UMP est à méditer (pour une fois) : "Ce n'est pas le moment d'augmenter les impôts, nous avons pris des engagements (…) Il s'agit d'une question de principe". Il évoque une mesure "parfaitement anti-économique" (Cette déclaration faite à propos des hauts revenus et du bouclier fiscal ne l'est-elle pas d'autant plus pour les contribuables lambda ? )
Privilégions l'intérêt économique, social et financier de la ville et des concitoyens et faisons ensemble en sorte que les citoyens ne soient pas tout le temps les "dindons de la farce".




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