Cette histoire boulonnaise est symptomatique de la façon dont fonctionne notre société.
Voilà ce qui arrive quand, plutôt que se centrer sur l'Humain, le monde se focalise sur les objets et les biens en oubliant leurs destinations ou leurs fonctions, en préférant un libéralisme marchand débridé et spéculatif, en mettant de coté l'Essentiel.
Ce qui se passe dans cette rue (renommée Pablo Casal) de Boulogne-Billancourt ressemble à un mauvais feuilleton dont les épisodes se succèdent sans qu'aucun responsable n'en maîtrise la mise en scène :
Une rue entière d'immeubles à rénover, certains en loyers de 48 dont on pourrait s'inquiéter de l'état de vétusté; d'autres logements sociaux rénovés et gérés de façon correcte, semble t-il, par une filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, mais une dernière partie rachetée puis "restaurée" par une société espagnole dont il convient de dénoncer les pratiques.
En effet, 1/3 de la rue fut, à l'époque, cédée au plus offrant à un promoteur privé quand une intervention de la ville, du CG et de la Région aurait pu soutenir plus efficacement les propositions d'une institution, bailleur social de taille.
On se retrouve aujourd'hui dans un embrouillamini immobilier et financier assez lamentable. Les promoteurs ayant promis une rénovation de standing, c'est finalement un replâtrage aux apparences trompeuses qui fut pratiquée en vue de la revente à la découpe. Les manquements avérés et les dégradations accélérées ont fini par convaincre d'un projet spéculatif sans borne ni garde-fou qui a berné tout le monde, les locataires en premier lieu.
La société en question, plus habituée à l'achat-revente qu'à la gestion locative, a peu à peu montré son incompétence au grand désespoir de résidents qui pâtissent d'une "restauration" visiblement bâclée (malgré des loyers allant jusqu'à 27€ le m²). Le vernis craque et les locataires avec.
Au-delà du replâtrage et des manquements, c'est aussi le non-respect des normes élémentaires de sécurité qui est en question. J'ai vu quelques photos et lu l'enquête réalisée par les pompiers qui révèle de graves manquements à la sécurité et aux lois en vigueur (On constate des évacuations fumée obstrués, des extincteurs inexistants, des accès et sorties non-conformes, etc...)
Cette opération spéculative ressemble bien à une piraterie de premier ordre opérée par des margoulins que seul l'appât du gain motivait.
A l'appui de ces documents, la ville et le Maire devraient pouvoir agir : Aide juridique et financière pour ces citoyens lésés ; intervention du Maire pour ce qui concerne la mise en sécurité ou le respect des normes, accompagnement de la reprise par un bailleur social,…
Le décideur public aujourd'hui est celui qui doit recadrer les enjeux et remettre sur les rails une société à la dérive. Belle et noble mission politique. A l'heure où la Banque Mondiale et le FMI confirment une récession déjà annoncée, l'engagement devra aussi être citoyen, solidaire, européen et participatif.




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