"Rénover oui ! Augmenter les loyers non !". Voilà en résumé ce qu'on entendait lors de la dernière réunion des locataires HLM et ILN du Pont de Sèvres .
Ce soir là, il était encourageant de voir l'intérêt et la participation en action, de voir un élan collectif et des langues se délier, de voir et d'entendre des habitants se rassembler et échanger.
Qu'une dynamique collective se crée et c'est alors que se produit ce moment utile et nécessaire où ce que dit le voisin rencontre ce que pensait un autre.
Que s'est-il dit ? Les habitants découvrent peu à peu le projet de rénovation urbaine signé par l'Etat (l'ANRU 16%), le département(10%), la ville (24%)et les partenaires bailleurs (Paris habitat 44%).
Derrière une belle ambition de 118 Millions d'€ (et qu'il ne s'agit pas ici de remettre en cause tant ce projet de rénovation du quartier est attendu et nécessaire) se révèle toute une série de questions et d'aménagements touchant au quotidien qui doivent être entendus.
Car le bon sens est aussi à aller chercher au plus près des personnes concernées.
A la lumière d'une procédure de concertation obligatoire, chacun réalisait qu'il allait falloir donner son avis sur un projet sur lequel ils pouvaient influer avant qu'il ne soit trop tard.
La consultation entreprise semble être individualisée. Je pense qu'une organisation plus collective et concertée s'impose. Elle permettra à chacun d'éviter le piège de l'isolement. Rassemblez-vous en effet car Paris Habitat, la ville et les partenaires de l'ANRU vous écouteront mieux ainsi.
Les problèmes soulevés sont importants et vous pouvez influer sur la suite :
- En l'état, il semble bien qu'il faille s'attendre à une augmentation de loyer à l'issue des rénovations des appartements. Pour un T3 d'une superficie de 79m², l'augmentation serait de 51€/mois pour un
HLM et de 78€/mois pour un ILN !! La rénovation permet en effet cette augmentation car la répartition des dépenses aboutit aussi à une prise en charge par les locataires eux-mêmes. 0r, renseignement pris, les dés ne sont pas jetés. Il n'y a pas que l'issue fatale qui consisterait à choisir entre refus de la rénovation (pour échapper à la hausse) ou acceptation avec "douloureuse" inévitable. Une négociation sur le contenu du projet Anru est tout à fait normale. Elle pourrait permettre une prise en charge plus importante par les partenaires, dont la ville qui peut abonder sur la partie loyers. La question doit être abordée.
- Autre question récurrente : l'inversion des hall d'entrée. On peut comprendre que ce changement ne soit pas bien ressenti surtout si la consultation n'a pas été assez poussée. 2 problèmes sont avancés: la vie actuelle est naturellement orientée coté commerce; il y aurait quelque chose d'incongrue à changer ça en demandant aux habitants de faire le tour des immeubles pour atteindre une dalle commerçante qu'ils atteignent directement aujourd'hui. D'autre part, les chambres étant placées coté mail, certains relèvent l'irrationalité de placer des entrées animées de ce coté. La palabre sous les fenêtres, ça inquière.
Il est aussi question de "végétaliser" ce mail ce qui serait une bonne chose. Mais veillons à une véritable réalisation qui ne priviligie pas la technique du "cache-misère" : pas seulement un décors de cinéma en somme. En sommes-nous à de simples "pots de fleurs" cernés de bois ? Regarder de plus près les configurations prévues (sans remettre en cause cette volonté d'humaniser un espace qui en a besoin)
- On a entendu enfin des remarques sur les radiateurs ou les douches qu'il serait bon d'approfondir.
Cette séquence d'échanges libres et collectifs organisés par l'amicale fut riche et animée. Ce fut la mise en oeuvre d'une démocratie participative ne se diluant pas dans des entretiens individuels sans retombées. Notons l'absence du Maire, de l'adjoint fonctionnel et aussi celle de l'adjoint au maire territorial (?). Un chargé de mission et une conseillère municipale ont dû seuls mais bravement répondre à leurs places.
Le changement est souhaitable, la rénovation aussi. Quelle soit alors bien inspirées par des habitants qui sauront se faire comprendre collectivement (tout en se posant en partenaires des décideurs publics)




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