(Sur Île Seguin et Jean Nouvel, voir actualisation : Note du 8 juillet 2010 : "Île Seguin : Musique, bastringue ou tintamarre ?")
Les journées se suivent et ne se ressemblent pas. La ville change et ne nous ressemble pas encore.
Il faudra que je vous raconte le spectacle oragnisé avec les associations un soir de mai à l'école pour faire entrer la culture dans les quartiers et dans des locaux "près de chez vous". Il faudra que je vous raconte nos travaux du Conseil Economique et Social et le dialogue des cultures, les rencontres inter religieuses passionnantes auquelles je participe avec bonheur et engagement, les réunions riches autant que laïques pour mener la Commission nationale éducation de mon mouvement, les AG associatives et autres rdv de quartier,... Mais samedi 13 juin dernier, c'est au titre de ma mission au sein du Comité de concertation de la Saem Val de Seine, en tant que Président de la proposition Cité des Savoirs du 21ème siècle, que nous avons pu avec l'équipe et quelques membres de l'association, visiter pour la deuxième fois le chantier du nouveau quartier et de l'ïle Seguin.
J'ai d'abord pu, en début de matinée, rappeler notre intérêt et notre combat pour une culture vivante et moderne et rappeler la pertinence actuelle du projet citoyen de Cité des Savoirs du 21ème siècle pour l'île Seguin.
Après un point avec le directeur général sur l'état d'avancement (et sur les projets), nous avons déambulé au coeur de cette jungle de bulldozer. Quel chance que cette visite ! Merci de nous avoir permis cet apperçu in situ.
Tous ceux qui passent par là ont pu voir et entendre un quartier sortir de terre.
Certains immeubles et appartements ont déjà été livrés, les nouvelles rues et allées s'ouvrent (Cours Seguin, allée Robert Doisneau, pont Renault,…), quelques arbres s'étirent déjà au soleil, le futur parc défend jalousement son espace vital pendant qu'autour de lui les grues et autres engins de chantier attaquent. Bon, cette partie ouest de trapèze, lancée de longue date, commence à prendre forme.
Bientôt ce quartier devra donner vie.
J'aime l'architecture et l'urbanisme. C'est avec cette passion et ce goût du projet et du bâti que je regarde comment des décisions deviennent réalités.
L'immeuble en or quelque peu bling-bling de Dominique Perrault, par exemple, ne me dérange pas, bien qu'il y ait un écart entre "la vue de l'esprit" et la réalisation : éternel problème du choix des matériaux (et des brillances manquantes), de l'échantillonnage, du budget. L'effet or tend parfois vers le marron, certes. Sauvé par le soleil l'été, l'hiver le ramènera à plus de modestie.
L'immeuble transparent de J.P. Viguier (L'Equipe) est un vaisseau qui avance fièrement sa proue pour annoncer le cours Seguin. Il m'apparaît réussi mais trop de son époque : un dessin tellement actuel pour un immeuble de bureau qu'il en perd sa singularité.
Comme me l'indiquait Sihem, finalement demain, après tant de polémiques c'est la façade or qui servira de repère : "Quand tu vois l'immeuble en or (en hiver on dira "Marron"), tu tournes à droite…"
Je suis plus critique sur ces règles d'urbanisme que le décideur public ne sait pas amménager. Elles formatent une ville aseptisée et sans âme. Ces alignements rectilignes au centimètre près dessinent des rues froides vidées de ces imperfections salutaires qui font qu'une ville vit. Paris est le fruit de plusieurs siècles d'urbanisme aux contraintes évolutives et différentes qui font sa richesse architecturale. Ainsi les immeubles en retraits, les hauteurs variables, les ruptures visuelles forment un paysage urbain, des espaces de terrasse pour café et flâneries diverses.
Les espaces publics montrent sur ce nouveau quartier trop de verticales et d'horizontales sans accident dans la géométrie.
Les cadres réglementaires que les décideurs établissent sont autant de contraintes parfois nécessaires, parfois mal pensées.
Façades alignées, hauteurs alignées, …, architectes alignés ! Le constructivisme soviétique n'est pas loin.
Le parc et la "non-tour" J. Nouvel devraient malgré tout apporter un peu d'originalité dans ce cours Seguin. …Ainsi que les animaux sauvages et l'immense girafe de la crèche prévue à coté. (Vous verrez même que, plus tard, cette girafe sera Le repère, une signature essentielle du quartier, plus encore que l'immeuble de Jean Nouvel ; insolence salutaire face au monument de la pensée Pensée (un grand P, pardon !) architecturale contemporaine. (Ceci dit j'apprécie le travail de ce grand architecte)
Je trouve le pont plutôt réussi. On pourra s'y arrêter et grignoter un sandwich en été face à la Seine. Astucieux choix de parapets en contrebas qui ne masquent pas la vue. A valider à l'usage.
MAIS voilà que monte ici une rumeur insupportable; la vie ne s'y écoule pas comme un long fleuve tranquille : les bagnoles !! Les quais ne sont qu'un défilé de véhicules sonores et malodorants.
Rendre la Seine aux habitants et aux promeneurs est un défi qui figurait déjà dans notre projet municipal. Cette "autoroute", compétence du département, devra être réfléchie dans le cadre du Grand-Paris et de la communauté d'agglomération nouvelle.
J'ai déjà dit que la place de la Seine dans notre département est mal pensée. Avant d'en faire la "Vallée de la Culture" (voir les annonces de Devedjian-Sarkozy), commençons déjà par faire la "Vallée de la ...Seine" ! Remettons-là au cœur de notre département et de nos vies pour adoucir cet univers urbain et dense qui la longe.
L'île Seguin enfin. Ah ! l'île Seguin ! Vaste question à rebondissements. Disons que le tas de sable que j'avais déjà foulé il y a 2 ans continue de défrayer la chronique à hauteur du vide qui s'en dégage. On occupera bientôt le citoyen par un projet de conque musicale et quelques arbres à planter.
Pour qu'un équipement culturel moderne, vivant et innovant y voit le jour, nous serons toujours là pour contribuer. Un concept existe dans ses fondements, il doit évoluer et s'adapter au contexte et aux réalités sans perdre l'ambition qu'il avait signé.
L'équipe de la Cité des Savoirs du 21ème siècle n'a toujours pas été reçue. Les courriers transmis dés le début de la nouvelle mandature sont restés sans réponse. N'est-ce pas Thierry Solère ? Le maire-adjoint aux grands projets pourrait en avoir un plus simple : rencontrer, travailler et approfondir un dossier qui a rencontré les citoyens et a même été soutenu par le Député-Maire qui s'y intéressait. Cette proposition a largement inspiré tous les programmes des candidats en 2008. Il y a quelque chose du consensus de ce coté là...
Yapluka…




Concernant les quais, c'est d'autant plus vrai que le conseil général à validé une future configuration à 2x2 voies coté boulogne ET côté Issy le long des quais : il faut être fou pour aller vivre le long de ces quais bruyants où on ne peut pas ouvrir sa fenêtre.
Enterrer les voitures serait probablement plus pertinent et moins cher ici que sous la RD910, quitte d'ailleurs une fois cela fait, à détourner du trafic de la RD910 dans ce tunnel pour rejoindre directement le périphérique.
Mais les affaires de flux ne sont jamais simples... surtout quand les décideurs sont multiples.
Rédigé par : weirdman | mercredi 24 juin 2009 à 22h13