Le Parisien sous la plume de Jérome Bernatas met en lumière la question du financement pour qu'un centre culturel et cultuel musulman digne de ce nom voit le jour à Boulogne-Billancourt.
En me citant, l'article permet de rappeler à notre mémoire des faits têtus (Pendant combien d'années en effet cette communauté a dû prier dans les sous-sol humides d'un parking ?!) et le cynisme du moment qui veut que le réaménagement des terrains Renault motive l'intérêt porté à cette question (la destruction d'un hangar faisant office de mosquée provisoire pour laisser place aux promoteurs et constructeurs). Mais, pour aller plus loin, je soumets à votre réflexion quelques points de vue.
Je pense qu'il faut aller chercher des solutions au coeur de nos enjeux locaux et nationaux et selon des principes novateurs aptes à porter le "vivre ensemble" cher à notre république tout en respectant la laïcité. (Le sujet "financement de l'étranger" n'est, semble t-il, pas d'actualité ; il est bon que l'angle de vue choisit pour l'entrée de cet article soit désamorcé avec sagesse par Mr Mabrouk)
Chaque communauté travaille à son projet et l'on sait déjà que les autres religions sont en bonne voie.
Nous avons à Boulogne-Billancourt une communauté musulmane traditionnelle, sereine, discrète et digne qui, sous après sous, pas à pas, quête son budget auprès de ses fidèles. Mais jusqu'à 4,5 Millions d'€ le chemin est encore long. (le budget a été réduit en supprimant quelques espaces) Chacun peut comprendre les raisons sociologiques et humaines qui font qu'une communauté religieuse doit comme tout autre religion et dans le respect de nos principes républicains et laïques pouvoir être "accompagnée" dans son projet. Nous pouvons tous, élus, citoyens et, pourquoi pas, avec les autres communautés religieuses, jouer un rôle pour accompagner nos amis.
Saisissons le moment en positivant une démarche :
Il y a des moments historiques à saisir. Quand ailleurs dans le monde les sectarismes font fureur, ce pourrait être fondateur d'espoir de favoriser un dialogue interculturel au coeur de notre ville. Pourquoi ne pas imaginer une dynamique commune élus/citoyens/communautés réunis pour accompagner cette construction et ainsi créer un élan de solidarité essentiel au vivre ensemble.
Le dialogue inter religieux existe déjà à Boulogne-Billancourt. (et ailleurs) J'ai pu participer à des séances tout à fait intéressantes et novatrices d'échange de valeurs et de découverte de l'Autre. Des réunions simples et profondes sans chi-chi et sans faux-semblants, au coeur des quartiers réunissant catholiques, juifs, musulmans, protestants. Des réunions qui ne peuvent ni ne doivent être récupérées mais des réunions (il faut s'arrêter sur ce mot "réunion" qui a du sens) qui ouvrent des pistes et des solutions propres à nos enjeux de vie en société. Certains ont déjà eu l'idée d'un gala commun... Il est toujours bon de se mettre autour de la table...
Il existe une façon pour la ville, la saem, les élus, les citoyens de saisir une chance en favorisant, dans le respect de la laïcité, le dialogue et un projet de compréhension mutuelle capable de participer à un financement, tous ensemble.
Je précise que cette voie, ce "possible" et cet engagement citoyen commun et collaboratif est le même que celui que je défends pour le financement d'un projet culturel et éducatif tel que La cité des Savoirs du 21è siècle pour l'Île Seguin. Nous prendre en main et ne pas attendre que ça tombe du ciel ou d'un quelconque décideur public ; "Faire ensemble", c'est le combat citoyen et humain le plus moderne qui soit...




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