Ce jeudi fut une journée particulière pour mon établissement scolaire et pour beaucoup d'autres.
Pas d'agents, pas de gardienne ; après avoir évité de justesse une grève et la fermeture totale des centres de loisirs de la ville mercredi, nous avons dû, ce matin, faire sans aide en classe ni sur l'école.
Une fois réglée l'ouverture de l'école et des classes, c'est la cantine qui risqua d'être annulée (vous imaginez le problème pour les familles) jusqu'à ce que j'apprenne à 8h35 (1/4 d'heure après l'ouverture des portes) qu'un repas froid serait finalement servi. Les enseignants ont assumé l'ensemble des tâches pédagogiques habituelles, et parfois un peu plus. Mais ce soir l'école ne sera pas nettoyée.
Malgré la gêne, l'équipe enseignante et moi même comprenons nos collègues. Peu reconnues, mal payées (1400€ après 30ans d'ancienneté, par exemple), et devant se passer d'une prime de 97€ qui leur est due, elles finissent par devoir aller jusqu'à ces extrémités pour être comprises.
Mais, au delà, le mouvement de grève des agents de la Mairie touche la ville de Boulogne-Billancourt dans son ensemble puisque ce sont tous les agents qui sont concernés.
Ils en ont assez et le font savoir. Agents d'entretien, atsem, gardiens, services d'entretien, de propreté, d'animation, de sécurité, cadres des différentes directions, etc, c'est l'ensemble du service public municipal qui gronde.
Que se passe t-il ?
- Une privatisation rampante inquiète tous les secteurs - De l'agent au cadre la réorganisation des services par la nouvelle équipe municipale a provoqué une déstabilisation générale - Le manque d'effectifs provoque des problèmes de surcharge et des non-remplacements en cas d'absence - la suppression du paiement de certaines heures supplémentaires - des inégalités de primes - un mépris des instances paritaires dénoncé par les organisations syndicales. Elles sont unis (Autonome et CGT) sur cette mobilisation.
Sollicités fréquement pour être les faire valoir de la ville, ce qui se comprend d'un service public municipal, la question se pose différemment quand les agents deviennent l'instrument de communication d'un Maire. Ambiguité classique mais plus ou moins flagrante ; Souhaitons que Boulogne-Billancourt ne tombe pas dans cette politique spectacle.
Ce malaise montait, on le sentait venir, il éclate maintenant.
La ville de Boulogne-Billancourt est une grosse machine qui a besoin de ses services. La Mairie de Boulogne-Bilancourt doit entendre les réalités et le vécu de ceux qui la font tourner.
Pensons, enfin, à l'avenir : les transferts de compétences de la ville vers la nouvelle communauté de Commune en cours d'élaboration, Grand Paris-Seine Ouest, doivent aussi être questionnés. C'est en effet une autre grosse, énorme, machine dont on ne connaît pas encore les modes opérationnels qui, bientôt, sera l'interlocuteur de plus en plus présent et puissant. Quelle représentation démocratique ? Quel type de gestion des ressources humaines ?





Commentaires