La pétition est en ligne. On signe là : http://www.mesopinions.com/Plan-Hortefeux-Chatel---Non---La-logique-securitaire-n-a-pas-sa-place-a-l-ecole---petition-petitions-b45b6445b20fab9e44f8275ccfc16cef.html
Avec le soutien de Corinne Lepage, Vice présidente du MoDem, et en tant que responsable de la Commission Nationale Education du Mouvement Démocrate je souhaite vous faire part de notre réaction officielle sur le "Plan de sécurisation des établissements et de suivi de la délinquance" lancé par Luc Chatel et Brice Hortefeux le 23 septembre dernier.
La mise en place le 5 octobre de brigades d'intervention dites "Equipes mobiles de sécurité" ou le projet d'installer la vidéosurveillance au cœur des établissements m'apparaissent comme des dérives graves de la mission de l''école. Sous prétexte de lutter contre la violence scolaire on développe une approche sécuritaire plutôt que préventive qui produira vite ses effets pervers…
Le projet de société que ces décisions sous-tendent égratigne encore un peu plus notre contrat social et républicain.
Je vous soumets le texte du communiqué que nous avons souhaité diffuser à la presse au plus vite :
Non, un établissement scolaire n'est pas un bunker !
La logique sécuritaire n'a pas sa place à l'école !
Après la cagnotte à 10 000 € pour récompenser l’assiduité des élèves, c’est maintenant le thème de la sécurité qui devient prétexte à une mesure choc.
le "Plan de sécurisation des établissements et de suivi de la délinquance" lancé par Brice Hortefeux et Luc Chatel égratigne encore un peu plus le contrat social et républicain qui nous lie à l'école.
En instaurant des brigades d’intervention dites « Equipes Mobiles de Sécurité » ou en envisageant le développement de la vidéosurveillance, c’est une vision sécuritaire de l’école qui domine.
Le Mouvement Démocrate dénonce la nouvelle dérive qu’on inflige aux valeurs de l’école de la république.
Le problème de la violence à l’école ne se résoudra pas en ajoutant des vigiles.
La violence et la délinquance, prétextes malsains aux mesures gouvernementales, doivent être exclues de l’enceinte scolaire. Mais la solution présentée porte en elle une autre violence, plus larvée : uniforme kaki, interventions groupées externe à l’équipe éducative, ce type de démonstration valorise une agressivité institutionnalisée qui ne saurait résoudre les problèmes. Ce n’est pas la bonne façon de parler aux jeunes. Ce n’est pas le bon niveau de réponse.
S’il est un espace à préserver c’est l'établissement scolaire, lieu d’apprentissage des savoirs et compétences autant que du vivre ensemble.
L’école a besoin d’enseignants, d’éducateurs, d’assistants d’éducation et d’aides à la gestion des conflits au cœur des équipes éducatives. Le surveillant de vie scolaire remplissait ce rôle avec une relation aux élèves bien meilleure que celle qu'on nous propose. L’embauche de 500 personnes devant constituer des brigades d’intervention mobiles allant de collèges en lycées, est un gadget ; pire une illusion sécuritaire néfaste pour nos écoles ; voire une provocation : quand les enseignants dénoncent les suppressions de poste et l’affaiblissement des moyens éducatifs, on peut s’étonner et dénoncer un projet répressif plus qu’éducatif.
Hormis les problèmes de délinquance qui sont du ressort de la police et pour lesquels les chefs d’établissement connaissent les procédures à suivre, l’expérience montre que la solution aux problèmes de violence à l’école (comme l’amélioration des relations enseignants/élèves) se construit au sein des établissements, en équipe, avec la communauté éducative, avec les parents, par l’instauration d’un climat propice aux apprentissages. Celui-ci dépend de l’offre éducative et culturelle et des moyens que notre institution met en place pour soutenir la seule autorité qui vaille: celle des professeurs et du personnel de direction.
Brigades, vidéosurveillance, portiques de sécurité,…, sont autant de façon de "regarder ailleurs" : une vraie politique de sécurité s'attaque à la source de la violence et aux conditions de vie dans les cités. Quartiers ghettoïsés, manque de lien social, sentiment de non-reconnaissance, politique d'urbanisme,…, sont les vrais défis. Enfin, plutôt que se refermer sur elle-même, l'école doit rayonner et diffuser du savoir et de la culture ; gagner la jeunesse ! Il est temps de rallumer les Lumières à l'école !
C’est aussi par les signes qu’une société et ses décideurs donnent à ses jeunes, qu’on valorise ou non un espace qui leur est dédié et dans lequel on souhaite les voir s’épanouir.
Il n’est pas bon de brouiller le message de la mission de l’école par des mesures qui désaxent le propos de l’éducation nationale et de ses établissements.




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