Quel bel événement politique que celui que nous venons de vivre aux cotés de Marielle samedi 14 à Dijon..
Oui je sais ; je vous entends déjà me dire « Ah mais Ségolène Royal a capté l'attention des journalistes et au final l'école et le Rassemblement passent au second plan ! »
Oui et non, il faut pousser jusqu'au bout l'analyse. Je vais tenter de vous traduire ce qu'il se passait à Dijon.
Arrivé dés vendredi soir à Dijon avec la petite équipe de choc que Marielle avait constitué autour d'elle, nous nous sommes tout de suite remis au travail sur les idées, les textes et les positionnements.
L'information apprise dans le train, la venue de Ségolène Royal, imprévue, évidemment déplacée, n'y changerait rien : Le MoDem poursuit naturellement un dialogue avec toutes les forces de l'alternance, nous resterons centrés sur le sujet de l'école et de l'éducation, la présence de Marielle de Sarnez et de notre délégation s'intéresse au projet, à l'enjeu, et le construit.
Nous avons travaillé samedi sans nous laisser distraire par la fanfare. Nous avons dégagé des pistes de réformes, Marielle de Sarnez comme Vincent Peillon passant d'ateliers en ateliers pour se nourrir du bouillonnement des idées.
Le discours de notre Vice-présidente allait parfaire notre choix obstiné de dédier cette journée à l'éducation. Elle fut d'ailleurs chaudement applaudie par plus de 1000 militants roses, verts, oranges que les joutes politiciennes internes au PS ne dupent plus.
Ayant déjà eu l'occasion de vanter fin aout notre politique de dialogue, je ne reviens pas dans l'immédiat là-dessus.
Nous avons bien bossé. Prochaine étape, sujet : « les institutions ». Gardons le cap.
Mais, bien entendu, la venue de Ségolène Royal avec une nuée de projecteurs et de caméras, a désaxé le propos. Sa façon de "vampiriser" ce rassemblement, de récupérer les travaux d'une assemblée, de se positionner là, alors même qu'elle n'y avait pas sa place, fut mal ressenti.
Du coup, l'événement du "Rassemblement", évidemment politique aussi, a pris une tournure de "surpolitisation au carré". Mais c'est intéressant, jugez-en vous même :
Querelle interne au PS avec risque de dommages collatéraux, Vincent Peillon ne pouvait accepter cela. Une partie de la journée s'est donc déroulée au rythme des intrusions de madame Royal. Le « banquet républicain " risqua l'indigestion, mais le dessert promettait le meilleur.
Cet incident eut finalement le meilleur effet sur les discours de clôture. Celui de Marielle, je l'ai dit plus haut ; et celui de Vincent Peillon aussi.
La politique a ceci de passionnante que les mots et les prises de position marquent des moments, comme une virgule ponctue une phrase. J'ai eu le sentiment, et avec moi toute une salle, que la phrase était historique.
La politique prend vie dans le verbe et la verve. Samedi, elle avait cet autre carburant qui donne l'énergie, et parfois l'élan : la colère.
Car celle de Peillon, maîtrisée et juste, fut créatrice : un discours tout en force, porté par une vérité et une foi, libéré du carcan partisan, fondé sur une analyse et une expérience, tourné vers une construction de l'avenir, lancé d'une seule traite, imperturbablement, le regard vers l'horizon (En ne consultant quasiment pas ses notes). Assez marquant.
Nous étions, disons-le, attentif et pris par l'importance. Il fallait voir Rebsamen scotché, pendu à ses lèvres, comme l'assemblée.
J'ai vraiment le sentiment qu'une personnalité politique s'est affirmée à cette occasion. Par la grâce d'une catharsis, c'est l'émancipation d'un homme qui éclatait. De celle-ci a émergé une stature, une pensée, une existence. On a vu naître une carrure, à mon avis.
Ce tournant fut donc important pour le PS et la gauche, avec certitude. C'est leur histoire me direz-vous; en effet ; mais j'aime ces moments et nous y avons aussi contribué. C'est aussi la nôtre, celle de la politique au quotidien, car j'ai aussi eu l'impression que Ségolène Royal n'a pas marqué des points ce jour là. Elle se décrédibilise. On verra comment le PS réagit.
Il se passa quelque chose de fondateur à Dijon:
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Le discours de Robert Hue : éloquent et applaudi. (pas encore en ligne)
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Celui de Marielle de Sarnez : volontairement centré sur le sujet et le projet, enthousiasmant.
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Et celui de Vincent Peillon : brillant.
Je suis ravi d'avoir accompagné Marielle de Sarnez, Jean-Luc Bennhamias, Robert Rochefort et toute l'équipe dans cette écriture d'un moment politique. Allant vers la gare, papotant en chemin, refaisant le débriefing, nous pensions tous utile de poursuivre ce chemin de dialogue, cette construction d'une force « progressiste » sociale, écologiste et démocrate.
Lisez les discours, nous écrivons là de nouvelles transversalités. C'est toujours cette nouvelle façon de faire de la politique qui est en route...
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