L'évènement de la soirée du 14 mars n'est évidement pas le résultat pathétique de notre MoDem. La crise est ailleurs, mais...
"Nous sommes en colère" c'est ce que disent (ou disent mal, en s’abstenant) les français. C'est ce que devrait dire un parti démocrate en forme et inventif à des français abusés, désabusés, désinvestis de la politique. C'est ce qu'aurait dû être capable de capter et d’incarner notre mouvement.
Le moment est grave.
Il n'est pas grave pour ce qu'est le MoDem, il est grave pour ce que le MoDem n’a pas encore réussi à être.
C'est surtout ce qu'expriment l'abstention et le renouveau du vote FN qui doit nous arrêter ... et nous interroger. Voilà une colère qu'on a déjà connu qui ressurgit. Voilà une colère à laquelle nous n'avons toujours pas su répondre. C’est celle d’une France qui va mal où jamais les inégalités n’ont été si violentes. Cette colère française contre une société des grands écarts et des petits abandons, des gens d’importance et des petites gens, des chemins tout tracés et des bas cotés, de la peur de l'autre et du déclassement,…, doit trouver son oreille.
Le MoDem a été incapable depuis sa création de devenir l'espace nouveau capable d’accueillir les mécontentements, incapable encore, si non d’offrir, en tout cas de représenter une autre traduction de l'action politique. Nous parlions de faire autrement et nous n'avons pas encore réussi à inventer. C'est l'autre enseignement (qui n'est pas définitif) à tirer des résultats. Pire : d'autres ont réussi à capter ce que nous lancions en 2007.
Moi, c’est cette colère là qui m’anime aujourd’hui. Voir le FN revigoré, voir fuir des électeurs vers les impasses que sont l’abstention et les horreurs que représente la famille Le Pen m’est insupportable.
Un électorat déboussolé, des réponses désaxées, des votes parfois sans adhésion, on le savait la politique va mal. C’est pourquoi nous voulions la rénover par une nouvelle offre. Au moment où le PS était encore plus mal, le MoDem n’a pas su apporter l’espoir. Quand les écologistes ont fait main basse sur le concept de 3ème voie, nous n’avons pas su réagir. Que le MoDem ait temps de mal à lâcher le costume étriqué et ennuyeux du compromis, du consensus et de la pensée conforme me rend dingue. Que l’action alternative, créative, collaborative peine à s'affirmer m'irrite.
Les Démocrates doivent apprendre à ne pas être dans ce consensus politiquement correct mais si politiquement inadapté. Gagner en aspérités est un objectif immédiat.
N’étouffons notre rage que si elle n’est pas constructive mais sachons afficher cette saine colère que nous avons en nous. Que les français la voient.
Je suis de ceux qui ce sont engagés en 2007 pour faire vivre un nouveau mouvement : le Mouvement Démocrate. Les 2 mots ont un sens.
Une troisième voie, « un ailleurs » disions-nous à Seignosse. Autre chose que le centrisme, autre chose que la droite ou la gauche. Une alternative démocrate nouvelle d'une part, un travail en réseau avec la société civile pour agir autrement, d'autre part. Mais évidemment une capacité aussi à être dans le frontal, car s'opposer à une société de consommation à la dérive, aux rigidités et aux conservatismes, au sarkozysme débridé est devenu nécessité; un projet humaniste en somme. Mais qu'il s'affirme haut, fort et clair !
J'ai mené une campagne très active, très loyale, très investie aux cotés d'Alain Dolium et de mon parti. Je ne puis être coupable d'avoir participé à l'échec tant je me suis donné pour son succès. Ce qui s’est passé le 14 mars est au-delà de nous et de l'Île-de-France. Ce ne sont pas nos valeurs et nos idées qui sont en cause, c'est l'affirmation de soi qui défaille. Paradoxalement nous sommes même plutôt en phase avec les français quand il s’est agi de dénoncer un système politique, économique et médiatique. Le problème vient de cette illisibilité qui ne permet pas la traduction dans les urnes. (...Et je me prononce pour que le MoDem donne une consigne de vote au 2ème tour !)
Multiplions les voix, poussons les personnalités émergentes et finissons-en avec la retenue.
Demain, faisons campagne pour une nouvelle démocratie… Le présent est désespéré, ne laissons pas filer l’avenir.




Sylvain,
Candidat -non éligible- sur la liste MoDem du Cher, je partage ton désarroi face au résultat du 1er tour. Sauf pour la fin : à l'inverse de toi, je pense que si nous n'avons pas réussi à faire mieux, c'est que nous n'avons pas été bons. TOUS. De François BAYROU au plus humble militant, voire sympathisant. Dès aujourd'hui, je veux poursuivre ce que j'avais commencé avec mes amis démocrates, poursuivre notre action. Nos actions. Mais autrement. Notre message est bon mais les moyens que nous avons utilisés ne le sont pas. Je veux, pour cela, clarifier notre position (pour ma part, je propose des alliances au cas par cas, sauf pour le premier tour s'il y en a et sauf en cas de vote unique), mettre en avant nos propositions, sans fioritures (quel parti serait contre la lutte contre le chomage ? Aucun mais les moyens diffèrent : c'est ceux-là, par exemple, qu'il convient de mettre en avant, avec des PHRASES SIMPLES), et une action claire, très en amont. Ainsi, d'ors et déjà, je suis candidat MoDem, s'il m'investit, sur le Canton de Vierzon. Et, d'ors et déjà, je commence NOTRE campagne.
Amicalement,
Steff, l'Orange Vierzonnaise
Rédigé par : Stéphane MOUSSET | mardi 16 mars 2010 à 12h14
Tant que vous penserez en "élite"... rien ne bougera.
Tant que les anciens caciques de l'UDF tiendront la maison, RIEN ne changera...
Il ne faut pas se leurrer...
Rédigé par : Danièle Douet | mardi 16 mars 2010 à 12h57
Sylvain,
Je partage avec toi totalement cette rage de voir remonter ce parti de l’intolérance et de la haine de l’autre et surtout cette colère de voir nos politiques nous expliquer que finalement, le FN n’a pas fait mieux qu’aux dernière régionales au lieu de déplorer chaque voix donnée à ce fléau ou chaque abstention.
Aussi, ayant été (même très/trop partiellement) à tes côtés durant cette campagne je ne peux que confirmer l’énorme effort que tu as fais pour nous et notre mouvement pendant cette campagne et nous avons tous à t’en remercier : Nos résultats n’auront été que largement pire sans ton investissement incontestable et ton énergie. Les résultats de ces dernières élections ont dévoilé un aspect très positif de mon point de vue et qui va dans ton sens: il reste une alternative a inventer, que les Français cherchent toujours.
Sami, Boulogne Billancourt
Rédigé par : Sami | mardi 16 mars 2010 à 13h02
Bonjour Sylvain,
je tenais à écrire que je partageais ton analyse.
Nous devons également travailler pour l'avenir.
Cordialement
Grégory Magneron, adhérent Modem et membre de l'association les démocrates européens
Rédigé par : Grégory Magneron | mardi 16 mars 2010 à 14h47
"""Tant que les anciens caciques de l'UDF tiendront la maison, RIEN ne changera... """"
Trouver un ( ou des coupables ) plutôt que de trouver ( commencer par chercher.) des solutions, ça explique déjà 1) le problème , 2) la non différence avec les autres mouvement politique.
UDF bouc émissaire, c'était encore la mode en 2007/2008. maintenant, c'est un peu désuet comme message.
Rédigé par : Teo Toriatte | mardi 16 mars 2010 à 15h33
Maitenant, il ne s'agit plus de trouver l'erreur. Mais de chercher ensemble tous citoyen confondu à une résolution qui fera du Modem l'espoir de gagner et surtout un changement pour le quotidien des français.
Rédigé par : Lucienne Soulier | jeudi 18 mars 2010 à 13h04