(Actualisation : Dernière note sur Seguin du 8 juillet 2010)
Samedi, sera inauguré le vrai-faux jardin de l'île Seguin.
En mettant en oeuvre un "jardin d'attente" pour faire patienter des citoyens impatients de voir l'Île Seguin se définir et se construire, le Maire inaugure là une opération habile. Un jardin placé là, sur l'île Seguin, au coeur d'un chantier et d'un projet dont on ne connaît pas la finalité, est certes une façon de faire profiter de l'île aux boulonnais avant l'heure, mais il s'agit aussi d'une anticipation dont il faut aller chercher le sens.
Ce sera "le premier jardin politique de l'histoire" ! (du 92*) Il faut savoir que les remises en causes et les délais des études en cours nous emmènent au moins jusqu'en 2013 avant de voir un début de construction sur l'île. Les législatives de 2012 et les municipales de 2014 face au même tas de sable, cela ferait en effet, assez désordre. Depuis 2005 et d'élections en élections le feuilleton de l'île Seguin finit par lasser, en effet. Un jardin coûteux mais un jardin qui pourrait rapporter...des voix, en somme. Car même si l'astuce pourrait se révéler coûteuse (10 Md'€), on peut penser que les boulonnais la trouveront agréable.
Avec un sens inné de l'urbanisme au service de la communication politique, le député-Maire joue la carte des plantations pour faire joli et se rendre agréable ...en attendant mieux (réaction reprise dans Le Parisien du 3 juin). On peut penser que les boulonnais y trouveront quelques satisfactions et
ne bouderont pas le plaisir de fouler l'île Seguin. On espère que les comptes de la ville et de la saem se porteront aussi bien.
Quant au choix paysager, je soutiens la démarche et l'orientation champêtre qui a été faite; d'autant plus facilement que c'est ce que nous préconisions en proposant la Cité des Savoirs du 21ème siècle au coeur de champs de blés, de colza et autres cultures, telles nos campagnes françaises qui vivent au rythme des saisons. Les citadins sont demandeurs.
Un peu trop de bâti cependant pour les déambulations des visiteurs : parc Billancourt et jardin Seguin restent encore des interprétations trop urbaines de la nature.
A la verdure bientôt cernée de bâtiments, on aurait pu préférer des constructions entourées de plantations au bord de l'eau. Voilà un vrai débat urbanistique qui n'a pu avoir lieu, il vient d'être conclu à la hussarde. Comme quoi si le jardin provisoire devenait définitif (comme annoncé), cela pose tout de même quelques autres questions sur la programme à suivre.
(*) Sauf à considérer qu'à travers l'histoire nous avons aussi croisé un autre type d'instrumentalisation politique des aménagements : les jardins de Versailles, comme le château, avaient pour vocation de célébrer la splendeur du Roi Soleil. Le jardin de Le Nôtre fut, à sa façon et avec un objectif plus mégalomaniaque, un autre "jardin politique" .
Trop longtemps, nous nous sommes plaints que les politiques nous racontaient des salades. Aujourd'hui, ils en plantent. Doit-on s'en réjouir ou s'en lamenter ?
Rédigé par : VG www.observactions.fr | samedi 05 juin 2010 à 18h28