Un nouveau projet s'adapte et se profile.
Nous avons repris mercredi 11 janvier les réunions de la commission de concertation Saem-Rives de Seine-île Seguin*. Ce sont des retrouvailles importantes. La "re-concertation" intervient à un moment crucial, alors que les réunions s'étaient interrompues depuis quelques mois. Obstinations des parties, déclarations, débats houleux, recours contentieux, réunions publiques, crispations et mobilisations diverses,..., avaient précipité la ville dans l'expectative.
Finies les 5 tours, finis les 310 000m². Une volonté d'échanger en amont avec les associations sur une constructibilité reconsidérée pourrait aboutir à une meilleure conciliation et un nouvel équilibre.
Je salue cette reprise.
Nous tenons tous, je l'espère, à cette concertation, malgré ses péripéties. Elle a connu ses périodes roses et ses périodes bleues. On y a soufflé le chaud et le froid, on y est passé du vert au rouge. On y a discuté en long, en large et en travers ; à tord et à travers aussi. Elle a connu des hauts et des bas (et des Oh! et des Ah ! quand les tours focalisaient le débat) De passages constructifs en situations plus conflictuelles, d’échanges concertés en échecs déconcertants, de séances d’information en numéros de comm’ exagérés, cette commission Seguin a déjà montré en tout cas la volonté partagée par tous de se fixer sur l’intérêt général.
Car l’intérêt général habite tout le monde; c’est la façon d’y répondre qui varie parfois.
Je crois pouvoir dire que je suis au cœur (pour ne pas dire au centre) de ces échanges. Il n’est pas une réunion où je ne me sois pas engagé dans une démarche de lien, encourageant les uns ou les autres à sortir de la langue de bois, à se dévoiler, à clarifier leurs positions tout en exprimant la mienne. Je pense encore à cet Appel du 15 juin 2011 que je lançais et à toutes les positions qui émergeaient alors.
On peut dire que l’équipe de la Saem et de la Mairie y met du sien actuellement pour tenter de désamorcer des méfiances anciennes. L'atelier Jean Nouvel est là, le constructeur et les élus écoutent et proposent, les associations tâtonnent, certaines disent peu encore, mais elles siègent. La politique et les interférences ne sont jamais loin, mais une volonté fragile d’avancer perdure.
Le passif et les cicatrices sont derrière nous, j’en prends acte. La suite se joue désormais en direct.
Là où les décideurs déroulaient précédemment une concertation encore mal assumée ou emprunte de méfiance, où des élus la menaient peut-être à moitié convaincu de la méthode ou de l'intérêt, c’est maintenant certaines associations que je regarde s’emberlificoter dans des paradoxes à peine tenables, en résistant (si, si) au jeu de la concertation réelle (si, si) qui leur est soumise.
Elles l'ont pourtant appelée de leur voeux précédemment ; j’en étais.
Quand on nous demande de proposer, de réagir, d’influer sur un projet, j’y participe et répond à la sollicitation. C'est une responsabilité de siéger là.
Pas facile peut-être pour des requérants d'entrer à nouveau dans
Je veux croire pourtant que c’est jouable et possible, …si on souhaite contribuer et conclure. D’un coté le droit et de l’autre le devoir ; d’un coté la pression du droit et de l’autre le devoir d’aboutir.
J’y vais pour ma part l'esprit libre ; coupable en rien, ni de ne pas m’être exprimé fort et clair quand à mes yeux les excès devaient être soulignés (densité de bureaux, nombre de tours ou incertitudes culturelles), ni de ne pas défendre par ailleurs une volonté culturelle (toujours fragile en ces temps difficiles) et quelques marqueurs forts que l’exécutif porte non sans détermination. (Gardons la conscience que le chemin est encore long pour peaufiner le tout)
J’ai pris position en m’exprimant à chacune des dernières réunions ; en résumé :
Il faut trouver un compromis pour réduire le bâti de façon nette (et perceptible pour la paix sociale et citoyenne) tout autant qu’il faut sauver une ambition culturelle et architecturale pour notre ville.
- Viser un compromis à 230 000m² soit 2 à 3 tours supprimées (70 000m²/75 000m²/80 000m² en moins) Façon de préserver l’activité sans surdensifier le trafic sur le trapèze.
- Passer donc sous la barre psychologique des 250 000m² pour marquer franchement l’attention accordée aux citoyens, aux associations, aux questions posées.
- Préserver éventuellement 2 émergences (Voire 3 mais c'est une question de dessin : J. Nouvel peut-il créer un autre rythme ? Ou subdiviser plutôt la 3ème ?) parce que le geste architectural compte, l'architecte aussi et que repartir à zéro serait préjudiciable; parce que l’espace au sol ainsi libéré préserve d’autres respirations; parce que le financement des équipements doit être assuré.
- Maintenir l’objectif et la signature culturelle pour cette île emblématique. Construire une personnalité originale avec toutes les propositions mises en cohérence (cultures, commerces, services, bureaux, mémoire, etc…)
- Ne pas omettre la cible jeune en travaillant une offre ludo-éducative nouvelle où le faire et le voir participent à l’animation de l’île en semaine et le WE. (Le lobbying Cité des Savoirs du 21ème siècle !)
J’espère que lors de nos prochaines rencontres tous les participants exprimeront leurs souhaits clairement.
Ecouter et dire, entendre et être entendu, outils élémentaires du dialogue dont l'humain est doté.
*Cette instance réunit la direction de la Saem et ses principaux cadres, les maire-adjoints en charge de l’urbanisme, de l’environnement ou du quartier et les associations expertes sur des sujets tels que l’environnement, la culture, les transports ou les espaces verts. L’Île Seguin occupe une grande partie de ces rencontres , le trapèze également.
Illustration: très grande bibliothèque de Paris; interprétation d'artiste.




Je trouve que ce que vous préconisez est trop vague, pas très clair ni très ambitieux et somme toute peu engageant.Il faut revoir ce projet à la base. Repenser sa destination et avoir une ambition plus originale et audacieuse pour cette île. Les anglais savent insuffler dans leurs projets, à l'image de la Tate Modern gallery à Londres, une vision originale et percutante. Nous en sommes capables. Donnons-nous en les moyens.
Rédigé par : chris | jeudi 26 janvier 2012 à 13h09