Les déclarations et les excès de Claude Guéant, voila ce que je vous propose de relire plutôt que revenir sur une lettre aux boulonnais posant des questions d'ordre juridique.
On reste à coté du sujet fondamental quand, sur l'affaire Guéant, la presse se focalise sur des façons de faire, des problèmes de méthode ou de procédures. Elle est agitée depuis plus d'une semaine sur des affaires boulonno-boulonnaises, des zizanies et concurrences intra-ump, un parachutage (certes choquant), des raisons (certes multiples), une lettre (certes malvenue).
Car après les questions de démocratie électorale et d'investitures (certes légitimes), ce sont ensuite les thèses défendues par Monsieur le Sinitre Ministre Claude Guéant qui s'avéreront être une cause de combat. C'est sur le fond qu'on peut s'élever contre ce candidat : Un, ce qu'il utilise comme ressort pour soutenir une politique nous est insupportable*; deux, il n'incarne pas bien les Boulonnais et notre République. D'ailleurs cette pétition ne s'y trompe pas et je vous invite à vous exprimer en cliquant ici.
Voilà trop longtemps qu'à Boulogne-Billancourt, les conflits de personnes sonnent le La de cette partition politique malsaine. La venue de Claude Guéant en est une des illustrations pathétiques. Et la presse se délecte quand les acteurs se débectent ; laissant aux citoyens un goût plutôt incertain pour la politique.
Fixons-nous sur le dur, le solide. Je me suis exprimé à l'occasion d'une tribune et de plusieurs notes déjà, sur Mon92 aussi. A la demande générale, restons donc sur l'Essentiel et lisons du Guéant dans le texte :
- 17 mars 2011 : "Les Français veulent que la France reste la France. A force d'immigration incontrôlée, les français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux" (Europe 1)
- 23 mars 2011 Sur intervention Lybienne « Heureusement le président a pris la tête de la croisade pour mobiliser le Conseil de Sécurité des Nations Unis »
- 23 mai 2011 « Contrairement à ce qu’on dit, l’intégration ne va pas si bien que ça : le quart des étrangers qui ne sont pas d’origine européenne sont au chômage, les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés.»
Ce n'est pas à demi-mots mais bien en pleins et en déliés, en creux aussi, que cette xénophobie est déroulée. Elle fait entrer dans le discours officiel des idées qui font de l'exclusion une respiration de la nation.
Sournoise lepénisation des esprits qui, dans le costume 3 pièces d'un ministre de la République, viendra briguer les suffrages citoyens. Et contre laquelle nous pouvons nous mobiliser.
*(Sur Europe 1, dimanche 8 janvier, Jacques Attali utilisait le même vocabulaire sur "ces déclarations de ministres (...) plus insupportables et insultantes en matière de droit de l'Homme que le FN")
Illustration: merci à Pascal Colrat !




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