Au 8ème jour, la communauté juive de Boulogne-Billancourt nous invitait à une cérémonie pour les victimes de Toulouse (et Montauban).
Je m'y suis rendu à son invitation avec le sentiment que le moment est grave et important.
Je tenais en ce jour à partager ma douleur de père, d'enseignant, de directeur d'école et de citoyen engagé.
Quand la communauté juive est touchée, quand ses enfants pleurent, c'est nous tous qui souffrons.
Cet acte odieux touche au plus profond, à l'universel.
Il convient encore et toujours, avec émotion et recueillement, de rappeler nos valeurs, celles de la République, celles qui placent le vivre-ensemble, et mieux le faire -ensemble, comme ciment de l'humanité.
Les simples citoyens comme les huiles de cette ville s'étaient déplacées.
Beaucoup de passions et d'émotions dans les discours des représentants de la communauté et des associations représentatives. De la colère très présente encore. Mais comment peut-il en être autrement ? On doit la comprendre ; il est tôt. Ou trop tard : l'histoire personnelle, familiale et collective, celle de l'antisémitisme et de la shoah, tellement vivante, toujours, quand ressurgit une barbarie.
La monstruosité d'un homme croise la douleur d'un peuple. L'intégrisme se mèle à la folie meurtrière d'un fou, les idéologies rencontrent les pathologies d'une société, chacun lit ce qui se passe en fonction de ce qui le construit et de ce qu'il en comprend, mais tout le monde voit bien la façon dont se tissent les haines. L'incompréhension cohabite avec l'analyse, la réaction avec la retenue. Le président Robert Ejnès a su maintenir cet équilibre mais on sentait dans son écoute à quel point chacun est meurtri. Le Président de la communauté de Toulouse nous rapprochait plus encore de l'horreur et de ceux qu'il a perdu. Le Grand Rabbin Alain Goldmann a su apporter une conclusion et une parole intérieure, un regard où la rencontre de l'Autre reste l'enjeu.
Un moment de gravité.
Mais il faudra reparler du faire-ensemble; c'est lui qui doit remplacer le vivre-ensemble dont la seule incantation ne suffit plus.




Commentaires