"Nous", l’un des plus beaux mots de la langue française. C’est pour ne l’avoir pas compris qu’un Président sortant a été sorti. Sans doute pensait-il pouvoir et devoir finir le travail engagé, mais il s'est compromis sur une certaine idée de la France.
"Nous" plutôt que "ils", "nous" plutôt que "eux", voilà ce que l'on est en droit d'attendre d'un président français. Une France unie et réunie au lieu d’une France qui s’effraie des autres, trop complaisante avec ses intolérances.
Pendant le temps d’une campagne, un candidat préféra mettre en mots, comme on met en joue, la peste et l'étranger, opposer la France qui travaille à la France des assistés, stigmatiser les bons et les mauvais, départager les élus et les sans grades, diviser plutôt que rassembler. Une France aigrie, focalisée sur ses rancunes et ses travers, a fini par sentir le renfermé et manquer d'air quand ses meilleures valeurs s'étouffaient d'apoplexie. En préférant l’archaïsme et les frontières, il n’a pas su faire rêver, encore moins ouvrir les horizons vers de nouvelles conquêtes comme il le fit en 2007 par un discours sur la rupture et le changement.
Une stratégie aux fondements idéologiques moralement critiquables a été déployée depuis plus d’un an par une UMP courageusement soudée autour de son chef mais aveugle de sa propre perte quand fleurissait un Buisson trop ardent.
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