J'étais hier invité à l'inauguration du département des Arts de l'Islam du Louvre. François Hollande et la Ministre de la culture ont eu raison de tenter d'attirer les lumières sur cette autre actualité. Quel contraste avec la bêtise qui traverse le monde cette semaine ! C'est de cet évènement là que la presse aurait dû se faire le relais.
Tous se focalisent sur le dérisoire et l'accessoire alors que seule l'ouverture d'un espace sublime célèbrant l'extraordinaire fusion des histoires et des cultures, dans le musée le plus réputé au monde, devrait nous occuper; et ainsi moquer de la façon la plus intelligente qui soit l'insoutenable et violente exploitation qui est faite par-ci et par-là, par les uns et par les autres, des pires pulsions humaines.
D'un coté une vidéo qui ne mérite pas d'être à ce point stigmatisée tant elle est ridicule, mal inspirée, même pas fondée intellectuellement, mauvaise par le traité et conne par l'énoncé...
D'un coté des agités manipulés ou simplement incultes qui font parler la poudre et les cris devant des ambassades dépassés avant de comprendre qui, que, quoi et comment des images réalisées par 2 ou 3 crétins sont si peu représentatives des pensées profondes du peuple américain, plus multiculturel et démocrate qu'il n'y parait.
D'un coté 2 ou 300 péquins qui manifestent le samedi et de temps à autre, entre 2 éructations, à qui on offre une audience médiatique au delà du raisonnable et des sur-réactions ministérielles. On voudrait mettre les projecteurs sur eux qu'on ne ferait pas mieux; erreur ou horreur des temps ?
D'un coté un journal dont on oublie qu'il reste avant tout un journal dit "satirique" dont le jeu est évidemment de se moquer des institutions, au premier rang desquelles figurent les religions. Exutoire utile, parfois drôle, parfois moins, mais qui doit toujours être pris comme tel, messages rebelles ou libératoires bien que parfois anarcho-conforme.
D'un coté, encore, une exploitation financière et un buzz médiatique, coup plus ou moins calculé, plus ou moins malin de la part de ce journal en vente dans les kiosques, surtout quand il compromet la sécurité du monde en même temps que la sienne ou risque la vie d'hommes et de femmes. Chacun jugera de l'humour et des raisons de s'offusquer, mais sans sur-réagir ce serait mieux : bien placé, déplacé, d'à propos, anachronique, salvateur, dangereux, choquant ?Mais de l'autre coté, la même semaine, au Louvre, LE Louvre, la plus belle des célébrations, internationale s'il en est, institutionnelle donc importante, intentionnelle donc significative, au nom d'une culture qui nous habite autant que nous l'avons côtoyée, autant qu'elle nous a traversé, celle des arts de l'Islam, un voyage arabo-musulman, persan, ottoman, berbère,..., qui participa et participe encore à la création de ce monde.
Ce nouveau département, Rudy Ricciotti et Mario Bellini, architecte et designer, poètes du béton, du verre et de l'acier, ont réussi à en faire un écrin d'intelligences où les lueurs sont bien plus fortes que les vociférations du dehors.
Sous une tente berbère (ou bien est-ce à l'abri d'une dune de sable dorée dont la structure n'est pas sans cohérence avec les pyramides de Peï), les plus belles pièces sont ainsi à l'honneur. On y célèbre même, et c'est cela qui est fascinant dans ce contexte, la façon dont l'artisanat digéra et mêla, au fil de l'histoire, des cultures juives, chrétiennes et musulmanes. Message subliminal que l'on découvre dans le calme et la quiétude d'une pénombre savamment organisée. Un bonheur de tranquillité où le Louvre et ses architectes font ressurgir des entrailles de Paris et de son sous-sol toutes les Lumières du monde et de la culture.
On montre là, entre histoire ancienne, inspirations venues des siècles et modernité de la scénographie et des matériaux, que nous sommes fait de tous les arts et de toutes les cultures. A bon(s) entendeur(s), salut !




Concernant le journal Charlie Hebdo la liberté de la presse est consubstantielle à la démocratie. On ne peut pas dire, comme vous le faites que les caricatures publiées dans ce journal peuvent mettre la vie des gens en danger. La liberté d'expression ne saurait être limitée par la liberté de croyance.Il n'existe plus de délit de blasphème, en France, depuis 1791. Tout argument qui consisterait à minimiser la liberté d'expression en fonction du contexte politique, religieux ou international serait un encouragement à la censure.
Rédigé par : Chris | jeudi 20 septembre 2012 à 09h32