Pourquoi tant de mystères ? Voilà maintenant de nombreux mois que le budget a été voté, le principe d'un partenariat public-privé validé, le concours d'architecte lancé et présenté. Mais on ne donne pas à voir aux citoyens, les premiers concernés pourtant.
Le Conseil Général 92 ne laisse rien filtrer, les partenaires du PPP non plus; au risque d'être sanctionné dans cet appel d'offre mystérieux ? Effarant ! Comme si ce projet, un concours de 3 grandes équipes d'architectes et de bâtisseurs pour l'île Seguin, devait rester dans le cercle restreint de personnes éclairées, les "sachants", quelques élus autour du Président Devedjian et des fonctionnaires territoriaux avisés, seuls capables de comprendre enjeux et ambitions créatives sans doute (!)
La CNDP vient, lundi 8 octobre, de rendre un avis qui comble sûrement le CG92: pas de débat public sous l'égide de la Commission nationale du débat public; projet local. Soit. Un brin impertinente, la CNDP recommande tout de même au CG92 "d'ouvrir une concertation". Ouf, c'est dit; on n'en demandait pas tant; voir, juste voir... Mais coté CG : pas glop, pas glop.
Appelons à la transparence, au geste démocratique, et à la beauté partagée. Quoique : faut-il s'attendre à un bloc de béton massif et indigeste ?
Siou'plait m'sieurs, voilà un équipement important sur une île emblématique : Ouvrez, si non le processus de décision, au moins la réflexion en commun et recueillons avis et réactions des alto-séquanais, meudonnais et boulonnais, franciliens même, avant de trancher entre tel ou tel projet. Permettez qu'on se penche sur ce qui se profile coté bâti.
Donnez à voir aux citoyens les 3 projets architecturaux en compétition. Ils concourent pour signer et marquer pour longtemps la pointe aval de l'île Seguin ! Elle sera visible depuis les 2 rives et, depuis le Pont de Sèvres, par tous les parisiens de retour de vacances par l'A10 et l'A11. Il y a même quelques chances que ce soit un joyau, le seul peut-être qui viendra orner, marquer, signifier cette île, tant les autres projets de l'île restent encore lointains ou hypothétiques.
Le Conseil Général des Hauts-de-Seine aurait-il quelque chose à cacher ? Ou bien la technocratie politique est-elle plus confortable dans l'opacité et l'entre soi décisionnel ? Le 92 a à gagner d'habitants considérés, informés et impliqués. Les riverains de la Seine, de la dite Vallée de la culture, doivent voir, savoir, participer, contribuer.
Je me demande même si la Saem et la ville de Boulogne-Billancourt ont été associés. Le Maire a t-il vu un dossier, des esquisses, des maquettes ? Qu'on nous le dise.
Rendez-vous compte du paradoxe de la situation : Quand sur l'autre partie de l'île, un projet d'urbanisme signé Jean Nouvel, de plus en plus flou ou incertain, défraye la chronique, déchaîne des passions au delà même de sa consistance réelle, à l'autre bout, sur la pointe aval, une réalisation en cours, bien réelle, ne serait pas l'objet de présentations, d'échanges, de confrontations ?! Un projet culturel qui resterait invisible au peuple souverain ?!
Osez, osons. Faites savoir ce qu'il y a dans les cartons, faite-nous plaisir même. Et s'il y a des pyramides du Louvre ou des colonnes de Buren en puissance, des polémiques potentielles sur la forme, alors discutons et comprenons-nous.
Allons-y : dévoilez, concertez et participons à bâtir ensemble la culture musicale et architecturale de l'ouest parisien.
Illustration trouvée sur le site après la pub.




Rien d'étonnant à ce comportement venant du CG92! En même temps, on peut légitimement se poser la question du professionnalisme de ces élus . Nous sommes en France, il reste à bousculer pas mal de ces comportements peu démocratiques. Que les habitants des communes concernées se rappellent de ça aux prochaines élections: la confiscation d'un débat démocratique .
Rédigé par : Chris | jeudi 11 octobre 2012 à 14h05
Avant d'écrire, il faut connaître la loi. Dans un PPP, elle oblige la collectivité au mutisme le plus total : toute divulgation ne serait-ce que d'une partie infime du projet - architectural, financier, technique, culturel - pendant le dialogue compétitif qui oppose chacun des candidats est considéré comme une clause d'annulation de l'ensemble.
Donc, il ne peut y avoir débat public sur des données qui sont, par nature, confidentielles et s'apparentent au secret industriel...
Rédigé par : XDD | jeudi 25 octobre 2012 à 17h01
Précisions de l'auteur : cette note a été écrite en connaissance de cause quant aux règles de confidentialité. C'est bien celles-ci que je critique.
Cette rigidité réglementaire et cette "culture du secret" dans les négociations va contre tout libéralisme économique; que protège t-on au fond ? Ces mystères entretenus m'apparaissent de nos jours totalement anachroniques et allant contre l'idée même de responsabilité citoyenne. Ma note est à mettre en corrélation avec mes très anciennes prises de position sur la "création collaborative" et la "démocratie collaborative".
Je pense en effet que notre société politique moderne se porterait mieux si elle savait parler à des citoyens éclairés par des concertations éclairantes. Elevons les échanges et plaçons haut le niveau de responsabilité de la vox populi. C'est à mon sens la meilleure façon d'éviter ces polémiques qui surgissent quand sont dévoilés, à posteriori, des projets actés mais mal préparés auprès de la population.
Alors oui il faut remettre en cause la loi, en l'occurrence cette directive.
Je remercie le service communication du CG92, qui réagit ici, de me donner l'occasion d'expliciter le propos; leur travail n'est pas en cause. C'est une autre conception de la décision publique que je défends, avec des citoyens concernés et aptes à comprendre tous projets locaux.
PS : Un PPP fait intervenir un nombre si important de partenaires, d'agents et de salariés d'entreprises que l'on doit se demander s'il y a un secret si bien gardé que ça et des conditions de concurrence et de transparence égalitaires. Secret de polichinelle ? Un additif au contrat pourrait-il permettre d'ouvrir l'information de façon officielle ?
Rédigé par : Sylvain Canet | lundi 29 octobre 2012 à 19h53