
Après l'annonce par le Maire d'une consultation citoyenne sur les projets Seguin, avant Noël, la question mérite d'être posée. Celle du contexte aussi.
Qui peut penser que consulter maintenant, alors que tous les protagonistes sont lancés en pré-campagne municipale, permettra un débat serein et éclairant ? Qui est dupe des intentions cachées ou des jeux de passe-passe de la majorité et de l'opposition quand évidemment il y a dans tout ça une part de show en même temps qu'une nécessité d'avancer ? Mais qui peut dire que consulter les citoyens n'est pas une bonne chose ?
Je m'étais exprimé en 2009 en faveur d'une concertation avec les Boulonnais, celle-ci devant s'accomplir dés la conception des enjeux et des projets, en direct. La consultation qui arrive maintenant, à posteriori, n'est pas du même acabit. Elle vient après que l'exécutif n'ait pas su au bon moment concevoir une concertation avec ses participants, et après que ces derniers se soient fermés au dialogue quand les positions bougeaient et que le juridisme l'emportait.
Voici donc "une consultation sur l'île Seguin". Ou plutôt non, un "référendum sur Jean Nouvel". Ah mais non, un "référendum sur les propositions du Maire". Oh que non, un "référendum sur l'opposition au Maire". Foire d'empoigne annoncée.
Dans cette partie d'échec, on se demande si les perdants ne seront pas ceux qui regardent, en comptant les points, j'ai nommé les citoyens. Et l'ile de 2014 ressemblera à celle de 2012. Il m'arrive parfois de comprendre François Pinault qui se laissa aller à la "tentation de Venise".
Comment aborder sereinement le sujet ? Je vais tenter d'éviter le travers politique qui veut qu'on aille aux simplifications et aux confrontations. Je n'aurai pas de mal, ce n'est pas ma nature. Je ne suis pas sûr d'y parvenir cependant, tout simplement parce que je ne suis pas sûr que le but de l'opération soit dépollué des manoeuvres des uns et des autres.
"Concertation" ou "consultation" ? "Démocratie directe" ou "démocratie participative" ?
Questions subtiles pour réflexion utile à ce stade de la vie locale.
Quel fond devra être questionné ? Quelle forme prendront les questions ? Et, en fin de course, selon les résultats, quel sens pourrons-nous en tirer ?
Saluons le choix du
Maire de "
consulter" les citoyens, même tardivement et après que les conflits se soient cristalisés. Car les orientations prises sur l'île Seguin apparaîtront demain comme un marqueur de notre identité. Si le problème est bien posé, il fera oeuvre de pédagogie collective.
Je suis, moi, plus adepte d'une "concertation" approfondie en amont et d'un exécutif qui décide. Mais "consulter" à ce stade est une option politique qui peut se révéler utile, un moyen de sortir de l'impasse dans une ville divisée; ou la déchirer de plus belle; coup de poker.
Mais je salue aussi la lucidité de tous
ceux qui questionnent déjà une consultation dont on limiterait l'étendue
*.
Le choix de la formulation compte :
- Choisissez : Nouvel 1 à 310 000m2 ? Nouvel 2 à 250 000m2, 2 tours ? Nouvel 3, à 250 000m2, 3 tours ?
ou
- Choisissez : 310 000m2 sans nature ? 250 000m2 sans voiture ? 175 000m2 sans culture ? 110 000 mais pas sûr ?
ou
- Choisissez : Terrain de Rugby ? Terrain de tennis ? Terrain vague ? Terrain miné ?
ou
- Choisissez : Rien ? Tout ? ou tout autre chose ?
ou
- Choisissez : Cité musicale et bureaux ? Cité musicale et grand jardin arboré ? Cité musicale, jardins et sport ?
...
Tout ça pour dire avec humour le risque de la fausse alternative ou de la question mal rédigée.
Veillons aussi à la diffusion de l'information ainsi qu'aux modes de propagande.
Les Suisses, habitués de ces procédures, cadrent leurs référendum populaires et en évitent les pièges. Avant Noël, vraiment ?
Le scepticisme est dans l'air mais je reste curieux de l'expérience consultative, même précipitée.
On n'en a pas fini avec les "séguineries" !
Tout semble être en place pour que la pièce de théâtre se joue encore aux détriments des Boulonnais.
On a un peu l'impression d'être plongé dans une émission de TV à choix multiples. Pour les trois tours, tapez 1, etc...
Il n'y a pas à remettre en cause le talent d'un architecte comme Jean Nouvel mais je pense qu'on peux raisonnablement remettre en cause les compétences en la matière des décideurs politiques de cette ville sur cette affaire qui dure maintenant depuis plus de dix ans. Les Britanniques, à Londres, ont su bien mieux que nous reconvertir leurs friches industrielles et cela dans un meilleur délai.
Rédigé par : Chris | mardi 23 octobre 2012 à 13h00
Pour avoir pu circuler dans le nouveau bâtiment Jean Nouvel au pied du nouveau pont. Je ne suis pas sur que Jean Nouvel soit un choix qui inspirera la gaité et la joie de vivre.
Reste que c'est une signature de qualité et de prestige.
Quand à une consultation avant les élections, on peut effectivement douter de son sens.
Rédigé par : Laurent | mercredi 07 novembre 2012 à 09h32