On retiendra le coup de gueule. Pourtant le mot le plus significatif du titre de cette note tient en 4 lettres : "pour".
"Pour", ça veut dire agir de façon constructive : pour faire, pour avancer, pour aboutir.
Des esprits plus fermés préfèreront y décrypter un «pour untel». C’est tellement plus facile de se réduire à une pensée binaire : "Pour le Maire"/ "Contre le Maire", "Pour le projet"/ "Contre le projet", … Mais non, ce n’est pas ainsi.
Ou plutôt si : c’est exactement ça, la gangrène de cette ville. C'est ça qui plombe toute concertation et toute discussion. Les «contre untel» et les «pour untel» ont du mal à envisager d’autres façons d’être "pour".
C’est tout le sens de mon coup de gueule.
Ou plutôt non : c’est un coup de gueule "pour" la culture*.
La commission de concertation à laquelle je siège a conclu ses travaux sur du conflit et des blocages la semaine dernière. Un projet singulièrement remanié qui en gêne certains pendant qu'il en satisfait d'autres à présent (Je n'ai pas dit "comble", on peut toujours travailler et parfaire). Le nouveau CRACL** est rédigé sur une nouvelle base dont on connaît maintenant la teneur : Il s’agit de sauver le principe d'une île culturelle et ses projets, en les finançant sur fonds privés et publics, sur une constructibilité réduite à 2 émergences pour 249 000 m2 au total (au lieu des 330 000 initial)
Bref, 3 tours en moins et un compromis entre les 175 000 et les 310 000 m2 (révision de juin 2011). Une dépense travaux qui descendrait à 200 millions d’€.
Sachez que certains présidents d'associations dites environnementalistes avaient fait le choix, ou de l’absence ou du silence ou d’une présence peu impliquante en ne donnant pas leur avis sur des propositions, sur une offre de concertation bien réelle cette fois de la saem.
Nouvelle géopolitique sur le front de Seine, donc ; et guéguerre affligeante. La situation s’inverse : ce sont les décideurs qui proposent de sortir du conflit, d'avancer vers une constructibilité moindre et des associations qui s'entêtent dans une démarche de confrontation plus ou moins inutile voire risquée (...), tant pour la ville que pour leurs adhérents.
L’esprit constructif et collaboratif en berne, pour peu qu’il ait un jour flotté haut.
Dans cette ville, la politique ne rend pas toujours intelligent. La guerre des clans est partout, même au coeur de la vie associative.
Je dénonce ceux qui ont renoncé à allumer la Lumière sur l'île Seguin, préférant se butter sur un chiffre comme on se crispe sur une déclaration de guerre : Rester sur 175 000m², c'est regarder derrière, c'est regarder à coté ou ailleurs, là où les promoteurs règnent en maîtres quand, ici, une ambition culturelle et architecturale guide d'abord un projet urbain spécifique.
La culture est un combat plus difficile encore par les temps qui courent. Elle ne tombe pas du ciel, et rarement de l’Etat ; la financer implique de savantes combinaisons. Sauvegarder en grande partie un projet culturel en diminuant singulièrement le bâti est une bonne porte de sortie. Compromis n’est pas compromission.
Je dénonce la désinformation. Parler encore de bétonnage sera abuser. L'intégrisme environnemental aboutit au final à une pensée réactionnaire emprunte d’immobilisme : en ne contribuant pas sur un projet qui a su alléger ses hauteurs sans réduire sa hauteur, on finit par être réfractaire à la création, à l'architecture, au changement, ...et aux artistes. S'entêter dans le blocage sans dialogue constructif c'est aujourd'hui ne pas rendre possible la créativité artistique.
Il faut aux artistes des espaces d'expression, des galeries pour leurs transgressions, des salles pour enchanter le monde, des ateliers pour le refaire, des scènes pour le mettre en musique, des murs pour l’exposer, des écrans pour nous éblouir, des amphithéâtres pour découvrir les civilisations(...!), et certes un peu de béton pour tout ça.
Défendre le bien-être et le bien-vivre des générations futures c'est protéger la nature et l'espace, préserver des respirations, mais c'est aussi favoriser l'élévation de l'Être et les nourritures de l'esprit. Sinon, on fait une mauvaise blague à l'écologie politique et à la responsabilité citoyenne.
Je suis «pour» qu’on ne soit pas «contre» et qu’on fasse ce qu’il faut «pour».
* Rappel des alertes et de l'Appel pour une 3ème voie lancé en juin 11.
**Compte Rendu Annuel à la Collectivité Locale par la Saem.
Nota : Initiateur d'un G8 que j'ai quitté par la force des choses, parce que la diversité, la nuance ou la complémentarité n'y étaient plus les bienvenues, je suis choqué par l'attitude de certains. Participer à une commission de concertation implique 5 conditions :
- Etre présent, s'exprimer et donner son avis
- Accepter de quitter ses propres certitudes pour avancer vers l'autre.
- Entendre les points de vue différents du sien.
- Rester constructif et souhaiter aboutir
- Concerter en amont pour que les avis participent des choix (La décision reste toujours du ressort du décideur)




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